Montréal
09:20 2 août 2017 | mise à jour le: 3 août 2017 à 12:09 Temps de lecture: 4 minutes

Des demandeurs d’asile hébergés dans le Stade olympique

Des demandeurs d’asile hébergés dans le Stade olympique
Photo: Josie Desmarais | Métro

Le Stade olympique a commencé à accueillir mercredi plusieurs dizaines de demandeurs d’asile, majoritairement d’origine haïtienne, en raison de leur arrivée massive à la frontière canado-américaine.

Ces derniers seraient arrivés au Québec en provenance des États-Unis, où le président Donald Trump les a menacés dernièrement de ne pas renouveler leur statut de protection temporaire acquis à la suite du tremblement de terre de 2010.

Un premier autobus est arrivé mercredi en matinée au Stade olympique avec une quarantaine de personnes à bord, dont plusieurs jeunes enfants, puisque les centres d’hébergement supervisés par l’organisme PRAIDA-YMCA sont pleins, d’après la conseillère au Centre de référence du Grand Montréal, Myriam Sylvain.

«On a fait le tour des centres et une bonne partie ne sont notamment pas capables de les garder durant la journée, alors on a fini par se tourner vers les grands gymnases et on a abouti au Stade olympique», a-t-elle expliqué.

Environ 150 lits de camp ont donc été installés dans les corridors du hall ouest menant aux gradins du Stade olympique, mais l’espace permettrait d’en mettre jusqu’à 400. «On est littéralement débordés de demandes», a ajouté Mme Sylvain, qui a chiffré à 50 la hausse journalière du nombre de places d’hébergement nécessaires. Une fois leur chèque de dernier recours obtenu, les demandeurs d’asile pourront se trouver un logement plus durable et régulariser leur situation avec l’aide des services sociaux.

Dans le Stade olympique, les demandeurs d’asile auront accès aux vestiaires pour se doucher et à des tables d’un kiosque alimentaire. Lors de la crise de verglas, le Stade avait été réquisitionné, mais n’avait pas eu à servir, le courant avait été rebranché avant, a indiqué Cédric Essiminy, porte-parole de la Régie des installations olympiques. Il s’agit donc d’une première.

Cette opération d’accueil de ces demandeurs d’asile en provenance des États-Unis est coordonnée par la Croix-Rouge canadienne et les services de santé du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, et la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, doivent faire le point, jeudi, sur l’arrivée massive de ces migrants.

Depuis le début de l’année, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a observé une hausse importante des demandeurs d’asile provenant des États-Unis. Ils étaient 245 à traverser illégalement la frontière qui sépare le Québec du pays de l’oncle Sam en janvier dernier et ils étaient 781 en juin.

Le président national du Syndicat des douanes et de l’immigration, Jean-Pierre Fortin, a rapporté que pour la seule journée de mardi, environ 500 migrants ont été interceptés au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle. «C’est une journée record», a dit celui qui n’a pas été surpris que le Stade olympique soit transformé en centre d’accueil de réfugiés.

M. Fortin presse l’ASFC d’ajouter davantage de ressources puisque ses membres peinent à répondre à la demande. «À la frontière, les dossiers sont traités partiellement avant que les gens soient envoyés à Montréal, a-t-il mentionné. On est pu capable de les traiter entièrement.» L’ouverture d’un dossier d’un demandeur d’asile prend en moyenne huit heures de travail pour un employés de l’ASFC. «On n’est pas préparé [à une telle affluence] et on est pas équipé», a dit M. Fortin, qui s’attend au pire pour le dernier week-end des vacances de la construction.

Cette arrivée massive de demandeurs d’asile provenant des États-Unis tient en grande partie aux menaces à peine voilée du locataire de la Maison-Blanche, a dénoncé le maire de Montréal, Denis Coderre, sur les réseaux sociaux.

«Encore une conséquence de la politique d’immigration de Donald Trump  […] La ville de Montréal souhaite la bienvenue aux réfugiés haïtiens. Vous pouvez compter sur notre entière collaboration. Nap kin be fo», a lancé le maire sur Twitter.

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