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Le secteur nord de Sainte-Anne-de-Bellevue doit être protégé, clament des environnementalistes

Les 185 hectares voués à du développement résidentiel sont situés non loin de l'écoterritoire de l'Anse-à-l'orme. Photo: Archives Métro

À la lumière des résultats de deux rapports scientifiques publiés jeudi, la coalition Sauvons L’Anse-à-l’Orme demande que le secteur nord de la ville de Sainte-Anne-de-Bellevue soit complètement préservé et inclus dans le corridor de l’Anse-à-l’Orme.

«Pendant nos inventaires, nous avons trouvé 13 espèces à statut précaire: 6 espèces fauniques, 2 d’insectes et 5 floristiques, a lancé en conférence de presse la chercheuse Marie-Eve Roy, qui a élaboré l’étude Évaluation écologique du Secteur Nord de Sainte-Anne-de-Bellevue. Ensemble, ça fait beaucoup d’espèces menacées [dans la région].»

Sauvons L’Anse-à-L’Orme et ses partenaires — dont la Fondation David Suzuki et la Coalition verte — demandent à la mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa, ainsi qu’à l’Agglomération de Montréal, de poursuivre leurs efforts en vue de protéger les espaces verts de la localité.

Le secteur nord de la ville de l’Ouest-de-l’île, qui est déjà connu comme faisant partie de l’Anse-à-l’Orme et qui couvre une superficie de 154 hectares, abrite une majorité de friches, d’anciens territoire agricoles abandonnés. «Comme Montréal est beaucoup développé, il n’y a plus beaucoup de friches naturelles, a observé Mme Roy. Pour ces espèces, c’est le dernier bastion, et il y en a beaucoup qui vivent-là.»

En plus d’identifier les espèces en dangers, les chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et leur équipe ont effectué des tests d’ADN dans la région. Cette portion de Sainte-Anne-de-Bellevue fait partie des «derniers gros massifs naturels» de la métropole, selon Mme Roy.

La véronique mouron d’eau et l’aigremoine pubescente, deux petites plantes à fleurs, ainsi que la tortue géographique font partie des espèces analysées les plus précaires, selon Mme Roy.

Un territoire à protéger
La coalition Sauvons L’Anse-à-l’Orme, qui a commandé les études, exige depuis des années la protection du large territoire couvert par la rivière à L’Orme. Celui-ci s’étend de Pierrefonds-Ouest à Sainte-Anne-de-Bellevue.

L’achat à la fin du mois de mai d’un terrain de 14 hectares pour agrandir le parc-nature de l’Anse-à-l’Orme est un «pas dans la bonne direction», a affirmé la présidente de Sauvons L’Anse-à-l’Orme, Sue Stacho.

«Mais ce n’est qu’un geste et nous voulons en voir plusieurs du genre, a-t-elle demandé. On parle de presque 400 hectares.»

Adopté en juillet 2017, un programme particulier d’urbanisme (PPU) pour le secteur nord de Sainte-Anne-de-Bellevue a pour but de conserver 70% des espaces verts de la région, a rappelé la mairesse, Paola Hawa.

Interrogée par le Métro sur la question d’une protection totale de l’Anse-à-L’Orme, Mme Hawa s’est montrée prudente. «Il faut tout de même rester réaliste, a-t-elle admis. Nous sommes quand même sur l’Île de Montréal et il y a une limite à ce qu’une petite ville comme la nôtre peut faire.»

Marie-Eve Roy fait appel à la retenue en ce qui a trait au développement immobilier. «On ne sait pas quand le territoire va être rendu trop petit pour qu’il soit encore intéressant pour les espèces, a-t-elle précisé. En cas de doute, il serait mieux de laisser ce qui reste protégé.»

La balle est maintenant dans le camp de Pierrefonds, selon Mme Hawa. «J’espère que Pierrefonds va commencer à protéger un peu [de territoires verts], a-t-elle insisté. Pour Sainte-Anne-de-Bellevue, nous sommes rendus à la limite en termes réalistes. Il ne reste plus grand chose à [protéger].»

Un autre large projet immobilier, Cap Nature, compte depuis des années s’installer dans la portion pétrifontaine de l’Anse-à-L’Orme. La réalisation du plan d’urbanisme se fait toutefois attendre. Projet Montréal avait proposé la création d’un parc national urbain dans Pierrefonds-Ouest avant l’élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal.

Métro a tenté de rejoindre l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, sans succès.

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