Ville de Montréal: un service 5 étoiles contre des pots-de-vin
Au-delà du demi-million de dollars qu’il a détourné, l’ingénieur Luc Leclerc maintient qu’il a toujours offert un bon service aux entrepreneurs et aux citoyens.
Lorsque les entrepreneurs réclamaient des extras à la Ville pour les dépassements de coûts sur les chantiers, M. Leclerc percevait 25 % du montant.
En échange, M. Leclerc donnait un «service 5 étoiles» aux entrepreneurs. C’est-à-dire qu’il les accommodait en facilitant leur travail dans l’aménagement du chantier, en accélérant le règlement de la facture avec la Ville, bref en assurant un suivi personnalisé des projets.
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«C’est pour cette raison que vous dites que les résidants y gagnaient?», a questionné la procureure, Me Sonia LeBel. «Ils n’étaient pas perdants, a confirmé M. Leclerc ajoutant plus tard. Disons que je cherchais toujours une situation gagnant-gagnant, c’était ça le but.»
Les entrepreneurs, eux y trouvaient leur compte, car en plus du service 5 étoiles, si Luc Leclerc percevait 25% sur les extras, eux-mêmes empochaient 75% du montant. Sur cette somme, les entrepreneurs remboursaient leurs dépassements de coût. Comme la valeur de l’extra était gonflée, l’entrepreneur réalisait un plus gros profit.
L’ingénieur a souligné qu’il n’a jamais fait de compromis sur la qualité des matériaux pour toucher plus d’argent.