Montréal

Montréal met sur pied un bureau de la ligne rose

Montréal met sur pied un bureau de la ligne rose
Photo: Archives Métro

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé lundi la création d’un bureau de la ligne rose, à même la Ville, et d’un comité d’experts pour étudier ce projet.

Le bureau sera doté d’un budget de 1M$ pour réaliser des études sur l’impact de cette possible nouvelle ligne de métro sur la mobilité et sur le marché immobilier.

«Ces études pourront porter sur les caractéristiques des milieux urbains traversés, les variantes de corridor, le potentiel de développement autour des stations et l’analyse comparée des impacts environnementaux», a énuméré le responsable des transports au comité exécutif de la Ville, Éric Alan Caldwell.

Le nouveau bureau de projet travaillera avec l’Agence régionale de transport métropolitain (ARTM), qui avait reçu un peu moins de 15M$ de Québec pour étudier neuf projets, dont un dans l’axe de la ligne rose.

«L’ARTM fera les études plus techniques, au niveau du tracé et du genre de technologie, pour préparer la fiche d’avant-projet qui sera envoyée à Québec pour la question de financement, a illustré Mme Plante. C’est là, le nerf de la guerre.»

Mme Plante n’a pas voulu confirmer que la ligne rose serait un nouveau tronçon du métro de Montréal. Le nouveau premier ministre, François Legault, a évoqué la possibilité que la ligne rose soit construite en surface, lors d’une rencontre avec la mairesse au début du mois de septembre.

Lundi, en entrevue à Radio-Canada, la nouvelle ministre responsable de la métropole, à Québec, Chantal Rouleau, a clairement indiqué que le gouvernement du Québec n’était pas chaud à l’idée de creuser une nouvelle ligne de métro. «La ligne rose, tel que ç’a été présentée initialement, nous ne sommes pas en faveur, a-t-elle dit. Mais de voir la pertinence d’un moyen de transport, d’une ligne de transport, d’un technologie plus adéquate, on n’est pas contre.»

L’opposition a qualifié ce bureau de projet d’«annonce de relations publiques». «Tout le monde était d’accord d’attendre les résultats de l’ARTM, a pesté le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. C’est rien d’autre qu’un bureau de lobby qui vient d’être créé en réaction à l’élection du gouvernement caquiste. On sait que la [Coalition avenir Québec] (CAQ) est contre la ligne telle que formulée et que la mairesse cherche des appuis pour convaincre l’ARTM.»

La mairesse a défendu une fois de plus son projet chouchou lundi. Toutefois, elle a insisté qu’elle n’était pas «en conflit» avec le gouvernement québécois.

«[L’élection de la CAQ], ça ne met pas en doute. M. Legault et moi, nous sommes entendus que les études doivent se faire et on va se baser sur les faits. Le bureau démontre le sérieux et l’importance de ce projet», a soutenu Mme Plante.

Elle a souligné que «si on veut être sérieux à propos de l’environnement», ce projet doit être réalisé et pas nécessairement à la place du projet de tramway de l’Est mis de l’avant par la CAQ. «Je parle beaucoup de faire des projets en parallèle. La logique actuelle du transport collectif est que quand un projet est fini, on pense peut-être en faire un autre. On voit que ça ne marche pas, parce que la solution se déplace et on ne trouve pas de solution structurante», a-t-elle affirmé.

En plus de ce nouveau bureau, la Ville a réuni six experts dans un comité consultatif. Ceux-ci ont une expérience en transport, en environnement ou encore en urbanisme.

En campagne électorale, l’an dernier, Mme Plante avait promis de mettre sur pied un bureau de projet au cours de la première année de son mandat. Voici donc cette promesse réalisée à deux semaines de son premier anniversaire à la tête de la métropole.

Lionel Perez croit que ce timing n’est pas anodin et que la mairesse souhaite »faire croire que quelque chose arrive».

Qui siégera au comité consultatif?
Les membres du comité consultatif qui se penchera sur le projet de la ligne rose :

  • Josée Bérubé, urbaniste chez Provencher_Roy
  • Nadia Bhuiyan, vice-rectrice partenariats et apprentissage expérientiel, Université Concordia
  • Frantz Saintellemy, président et chef des opérations chez Leddartech
  • André Poisson, directeur du Bureau du taxi de Montréal
  • Florence Paulhiac-Scherrer, professeur au département d’études urbaines de l’UQAM
  • Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre