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Un documentaire questionne le port du voile chez les femmes musulmanes

C’est la question à laquelle tente de répondre Natasha Ivisic dans le documentaire qu’elle a coréalisé avec le cinéaste Yanick Létourneau Je porte le voile. «Je sentais le devoir de montrer à [ma fille] Amina la place du voile dans l’islam à travers l’opinion de mes sÅ“urs musulmanes», mentionne la coréalisatrice, en introduction du film.

Catholique pratiquante à l’origine, Natasha Ivisic s’est convertie à l’islam après s’être mariée avec un Algérien musulman. À la suite de la naissance de sa fille Amina, elle a décidé de porter le voile «pour donner le bon exemple» et démontrer sa «fierté d’être musulmane». Âgée de 13 ans pendant le tournage, la jeune fille ignore si elle veut suivre les traces de sa mère.

Dans le documentaire, Natasha Ivisic et Amina rencontrent des femmes musulmanes qui expliquent pourquoi elles portent ou non le voile. «Il y a plusieurs significations du voile, fait savoir Natasha Ivisic en entrevue. Le consensus est pour s’identifier en tant que musulmane, mais c’est aussi une question de modestie ou d’obligation religieuse.»

Plusieurs points de vue sont exprimés dans le documentaire : les pour comme les contre. «Le film donne un accès privilégié à un monde qu’on connaît peut ou pas, indique le producteur et coréalisateur Yanick Létourneau. On ne peut pas réduire toute une culture, une religion à des simples stéréotypes.»

Revirement de situation

Au fil de ces rencontres, la quête d’information pour la fille se transforme en questionnement de nature religieuse de la mère.  Elle réalise qu’elle a couvert ses cheveux par conformisme et non par choix. Natasha Ivisic commence le tournage avec son voile et elle le termine avec les cheveux à découvert.

Depuis maintenant près d’un an, Natasha Ivisic ne porte le voile qu’à la mosquée ou lors d’occasion spéciale. Sa décision a été un choc pour Amina. «J’étais un modèle pour elle, raconte coréalisatrice. Elle a perdu des repères. Au début, ça été très difficile à accepter».
Encore aujourd’hui, le questionnement de Natasha Ivisic se poursuit, bien qu’elle soutienne que le port du voile est un choix personnel. À la fin du documentaire, ses sÅ“urs musulmanes la voient pour la première fois sans voile. L’accueil est plutôt chaleureux. Reste à voir la réaction de la communauté musulmane après la projection du documentaire.

Je porte le voile, le 16 novembre à 17h30 à l’Office national du film
1654, rue Saint-Denis
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