Montréal
17:57 31 janvier 2019

Prison Leclerc: la Cour supérieure propose une procédure accélérée

Prison Leclerc: la Cour supérieure propose une procédure accélérée
Photo: Marie-Ève Shaffer/MétroSur les 175 femmes détenues à la prison Leclerc, environ 60% d’entre elles y sont pour des crimes mineurs.

La cause des conditions «inhumaines» de la prison Leclerc a été amenée devant les tribunaux hier matin. Le juge a reconnu qu’il s’agissait de questions qui nécessitent une procédure accélérée, ne pouvant être tranchées à un stade préliminaire.

La Cour supérieure a refusé la demande d’injonction de deux détenues, purgeant chacune une peine de 90 jours d’emprisonnement discontinus, qui ont demandé à la Cour de mettre fin aux conditions de détention inhumaines auxquelles elles et les autres détenues font face.

Le juge Paul Mayer a plutôt reconnu qu’il s’agissait de questions «extrêmement importantes et urgentes» ne pouvant tranchées à un stade préliminaire. C’est pourquoi il a proposé une procédure accélérée, qui consiste à aller directement à l’injonction permanente.

La prochaine étape sera d’établir un échéancier entre les parties.

«On considère tout de même que c’est un gain de cause, car le juge a reconnu qu’il s’agissait de questions importantes et a demandé un débat, a déclaré la porte-parole de la Ligue des droits et libertés, Lucie Lemonde. On pense que ça va faire changer les choses.»

«C’est insultant pour les femmes. De toute ma carrière, je n’ai jamais vu ça.» -Lucie Lemonde, porte-parole de la Ligue des droits et libertés.

Dans la requête déposée, les demanderesses dénoncent les fouilles à nu «abusives et de nature à atteindre considérablement la dignité humaine», les périodes de confinement cellulaire «démesurées», l’approche correctionnelle «inappropriée» des agents avec l’utilisation de «violence verbale et propos dénigrants à l’égard des détenues» ainsi que l’insalubrité «morbide» dans les cellules, les aires communes et les salles de bain qui constitue une menace pour la santé et la sécurité des détenues.»

En décembre 2018, la Ligue des droits et libertés a demandé à rencontrer la nouvelle ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, pour parler des préoccupations des femmes de l’Établissement Leclerc. La lettre est demeurée sans réponse.

Le député de Québec solidaire, Alexandre Leduc, s’est dit «choqué» de voir la ministre tolérer la détérioration des conditions. «On qualifie un état, une société, voire une civilisation à la manière dont elle traite ses détenus. Je ne nous donnerais pas une grosse note dans cet exemple-là de la prison Leclerc.» Avec La Presse canadienne