Montréal

Les stagiaires de l’UQAM menacent de déclencher une grève générale illimitée

Les stagiaires de l’UQAM menacent de déclencher une grève générale illimitée
Photo: Josie Desmarais/MétroLes services fermés sont ceux du registrariat; des cafétérias; du centre sportif; des bibliothèques des sciences et de musique; ainsi que les services à la vie étudiante, à l’exception du kiosque d’accueil au pavillon J.-A. De Sève.

Le Comité des stagiaires de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) soutient que la grève générale illimitée reste la meilleure façon de faire valoir que tous les stages doivent être rémunérés.

Selon le plan du comité, la grève sera déclenchée une fois qu’au moins 20 000 étudiants, provenant de Montréal mais aussi de d’autres régions du Québec, se prononcent en faveur du débrayage. «On vise fin février, début mars», a rapporté la stagiaire en travail social à l’UQAM et militante pour le comité, Mathilde Laforge.

«Des sorties publiques, des lettres, des grèves d’une semaine ont été faites, et la seule façon qui reste de se faire entendre, c’est par la grève générale illimitée jusqu’à ce que l’ensemble des stagiaires ait une juste rémunération et des conditions de travail décentes», a déclaré par voie de communiqué l’étudiante en éducation et membre du comité, Charlène Boucher.

Le Comité des stagiaires de l’UQAM ne pourra toutefois pas compter sur l’appui des étudiants de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE). Ils ont voté contre la grève générale illimitée, mardi soir.

«Menacée»
À la suite d’une rencontre avec la rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, le Comité des stagiaires juge cette dernière a insisté sur la diversité des stages, tout comme le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, pour expliquer que tous les stagiaires ne doivent pas être nécessairement payés.

«Leurs discours mettent de l’avant les différences entre les stages. Nous, on veut que tous soient rémunérés, peu importe le domaine, la durée, le type de stage», a martelé Mathilde Laforge.

Selon le comité, cette hiérarchisation est une façon de déterminer quels stages méritent une rémunération, mais aussi une tactique ayant pour but de diviser les étudiants. «Les votes de grève s’en viennent, et je crois qu’elle s’est sentie menacée», a-t-elle mentionné.

De son côté, la directrice de la division des relations avec la presse de l’UQAM, Jenny Desrochers, a déclaré qu’il était faux de prétendre que les propos de la rectrice visent à «diviser» les étudiants. «[…] la rectrice a fait état de la complexité entourant la question des stages, qui tient principalement à la grande diversité des stages et des milieux dans lesquels ils se déroulent, et de l’importance de recenser et de catégoriser les stages afin d’identifier les solutions permettant une meilleure reconnaissance de tous les stages», a-t-elle ajouté.

Elle a également souligné qu’il s’agit d’un dossier qui «préoccupe [Magda Fusaro] en tant que rectrice et qu’elle souhaite faire progresser à tous les niveaux.»

Plus que la rémunération
Au-delà de la rémunération, les revendications du Comité des stagiaires de l’UQAM touchent aussi le statut de travailleur, qui protège les étudiants dans les milieux de stage.

«Avec une rémunération, on est admissibles aux protections prévues par la Loi sur les normes du travail, comme en ce qui a trait notamment au harcèlement. C’est pourquoi on milite pour une rémunération et non une compensation», a expliqué Mme Laforge.

En ce moment, il existe une confusion en ce qui a trait la protection des stagiaires. «Ce n’est pas à l’UQAM de le faire, mais ce n’est pas à l’employeur non plus, car tu n’es pas employé, a-t-elle ajouté. Où je fais mon stage, ils ont ajouté une clause de protection contre le harcèlement sexuel pour les stagiaires, mais ce n’est pas comme ça partout. Il faut dénoncer ça.»

Parallèlement, la campagne se veut aussi un enjeu féministe, dû au fait que la majorité des stages non rémunérés se retrouvent dans des milieux à forte concentration féminine, a souligné la stagiaire en travail social de l’UQAM. «Là où il y a le plus d’heures non rémunérées, ce sont dans des domaines principalement féminins, comme le travail social, la psychoéducation, les soins infirmiers, par exemple», a-t-elle déploré.

Commentaires 2

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  • martin

    Quel surprise, les étudiants de l’UQAM veulent partir en grève parce que ils ne sont pas rémunérée pour apprendre un métier. WOW, la mentalité du monde a vraiment changer depuis que j’étais étudiant. On avait pas peur de travaillé gratuitement pour prendre de l’expérience sur le marché du travail. Maintenant les jeunes sont tellement eu une vie facile qu’ils veulent qu’on les payes pour n’importe quel travaille qu’ils vont faire. Le pire est que si le gouvernement leur donne ce qu’ils veulent, ils vont en vouloir encore plus. Je serais pas surpris que si ils gagnent leur cause, qu’ils décident qu’on devrait les payés pour leur éducation supérieur.

    • Samuel Bélanger

      Ce commentaire est d’une absurdité sans nom. Par cette abjection traditionnaliste vous soutenez que nous étudiantes et étudiants sommes lâches et oisifs(ve), mais sachez bien que ma génération en est une qui n’a plus de futur. Et mettez-vous bien dans le crâne que beaucoup d’entre nous sont exploité(es), qu’il/elles ont un travail par dessus l’école, par dessus l’école et au-delà des stages. C’est un surplus de tâches à effectuer, c’est inhumain. Finalement nous sommes les individus qui possèdent le moins de pouvoir d’achat, comparé à vous baby-boomers qui pouvez vous permettre des maisons. Nous ne pourrons possiement jamais avoir de maison pour la plupart. À quoi cela sert-il d’étudier, pour une société sans lendemain, un monde corrompu jusqu’à la moelle?
      À quoi cela sert-il d’étudier pour se faire exploiter?