Montréal
09:00 11 mars 2019 | mise à jour le: 12 mars 2019 à 08:41 temps de lecture: 4 minutes

Les nouveaux lampadaires à DEL de Montréal suscitent des questions

Les nouveaux lampadaires à DEL de Montréal suscitent des questions
Photo: Josie DesmaraisLampadaires à ampoules DEL sur l'avenue Saint-Joseph

Le déploiement des lampadaires à diodes électroluminescentes (DEL) partout à Montréal est à mi-chemin. Le projet n’a toutefois pas été réalisé sans heurts.

Selon les données fournies par la Ville, Montréal a jusqu’ici remplacé 56 000 de ses 132 000 vieux luminaires au sodium par des modèles à DEL. Cette année, elle compte effectuer 30 000 autres conversions.

Après avoir initialement choisi des ampoules trop blanches (température couleur de 4000K) qui risquaient de nuire au sommeil et à la santé des Montréalais, l’administration de l’ancien maire Denis Coderre avait rectifié le tir en 2016. Les quelque 1500 ampoules alors installées n’ont toutefois pas encore toutes été retirées, confirme Marilyne Laroche-Corbeil, une relationniste à la Ville de Montréal.

Actuellement, la Ville privilégie l’installation de luminaires de 2200K (plus doux) dans les zones classifiées écologiques et de 3000K dans ses rues. La tête des nouveaux lampadaires permet de concentrer la lumière vers le sol et limite ainsi la pollution lumineuse.

Ces nouveaux luminaires ne font pas l’affaire de tous. «Ils ont mis trois lampadaires à DEL dans ma rue et c’est beaucoup moins clair qu’avant, lance Daniel Picard, qui demeure rue Sheppard. Certaines personnes âgées ont maintenant peur de sortir le soir. Et désormais, je vois à peine le balcon du voisin d’en face.» Le résidant de l’arrondissement Ville-Marie craint que cet éclairage facilite la vie des cambrioleurs.

Le professeur de physique au Cégep de Sherbrooke Martin Aubé est celui qui a alerté, il y a trois ans, les autorités municipales montréalaises sur les risques d’acquérir des luminaires à DEL de 4000K. Il souligne que l’un des avantages des luminaires DEL est «d’éclairer uniquement la rue afin de s’assurer «que la lumière intrusive dans les maisons soit réduite».

Le Montréalais Daniel Picard indique en outre avoir logé plusieurs plaintes au 311 pour souligner que les nouveaux lampadaires de sa rue ne semblent pas fonctionner de façon uniforme. Est-il seul dans ce cas?

Les appels au 311 qui concernent l’éclairage urbain ont augmenté de 33% depuis 2014. La relationniste de la Ville explique toutefois que «la base de données du 311 n’est pas configurée de façon à déterminer quels appels liés à l’éclairage urbain concernent spécifiquement les luminaires DEL ».

Elle confirme néanmoins qu’une «défectuosité d’une composante électronique (de moins de 1% des nouveaux luminaires) a été constatée dans certains secteurs» et qu’en attendant qu’elle soit corrigée, il est possible que certains lampadaires restent allumés en tout temps.

Économies prévues
Malgré les critiques, la Ville souligne que le projet, initialement estimé à 110M$, comportera de nombreux avantages. Quand il sera pleinement opérationnel, le système intelligent permettra d’intervenir immédiatement en cas de bris, de connaître exactement la consommation, de modifier l’éclairage selon l’heure de la nuit ou de faire clignoter les lampadaires pour aviser les citoyens cinq minutes avant le passage des équipes de déneigement, histoire de réduire le nombre de remorquages.

La Ville invoque aussi des économies d’entretien et de consommation d’électricité de l’ordre de 60% à 70%. Sur ce dernier point, le professeur Martin Aubé est sceptique. Pour y arriver, la Ville devra tamiser l’éclairage de 33% à 50%, dit-il. «Mis à part le cas exceptionnel de la ville de Tucson [en Arizona] avec 66% d’économies, on parle généralement d’une réduction de 40% à 50%».

M. Aubé ajoute que les fabricants ont en outre surestimé la durée de vie des DEL et se sont récemment fait taper sur les doigts par l’Illuminating Engineering Society, un organisme indépendant de recherche dans le domaine de la lumière.

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Commentaires 4

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  • Bernard Tessier

    Monsieur Marchal,
    Vous avez raison, sur l’ensemble des rues de Montréal, les luminaires ambrés au sodium (2000K, lumière bleue à 8%) sont retirés et remplacés par des DEL blanches (3000K, lumière bleue à 20%).

    À titre d’exemple, les élus de Verdun refusent d’adopter les meilleures pratiques de la norme du BNQ, qui stipule l’installation d’une lumière ambrée (1800K, 5% de lumière bleue) pour les rues résidentielles.

    La composante nocive de la lumière bleue (20%) qu’on installe actuellement est quatre fois plus élevée que celle prévue par la norme (5%).

    De nombreux citoyens s’inquiètent également de l’avènement des lampes à DEL blanches 3000K en raison des risques pour la santé et des effets négatifs sur l’environnement résultant du taux élevé de lumière bleue.

    Les élus sont invités à adopter le principe de précaution en installant des lumières qui respectent les meilleures pratiques de la norme du BNQ.

    • Alexander

      La lumière bleue n’est pas aussi nocive qu’on nous fait dire. Un projecteur très puissant dirigé dans l’oeil, oui…mais pas une lumière de rue à 20% de lumière bleue.

  • Johanne Dion

    Économies d’énergie vous dites !
    Le but premier d’un service municipal d’éclairage n’est pas…d’économiser l’énergie – tant mieux, cependant, si cet objectif est atteint – mais bien d’assurer, jusque dans la nuit, la sécurité des déplacements des citoyens, tout en minimisant les nuisances sur leur santé…Des promesses que ne livre pas ce projet de remplacement massif des 132 500 luminaires de la Ville de Montréal…
    On déploie par ailleurs, sur chacun des lampadaires, un système intelligent de gestion de l’éclairage dont l’écosystème risque, à moyen et long termes, d’être énergivore… Ce qu’on aura économisé coté luminaire, on risque de le consommer coté système intelligent…Est-ce que cet aspect particulier a été documenté par la Ville dans ses calculs de rentabilité ?
    Et, entre vous et moi, si l’économie d’énergie était un crédo à ce point fondamental pourquoi alors promouvoir des « plans lumière » pour des quartiers comme le Vieux Montréal ou encore illuminer le pont Jacques Cartier ?
    Vraiment s’il y a « économies » dans ce projet, elles se font – tel que rapporté d’ailleurs dans votre article – au détriment de l’ambiance nocturne de nos quartiers et de la qualité de vie des Montréalais…
    Si vous voulez en savoir davantage et agir comme citoyen dans ce dossier: https://montrealpourtous.com/2019/02/14/lumieres-de-rue-del-des-clarifications/

  • Louise dumulong

    Les lampadaires de la rue Du Quesne a mtl ne sont pas allumés de soir et dans la ruelle de du quesne et cadillac