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Calèches: Montréal compensera les cochers souhaitant se départir de leur cheval

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Une calèche dans les rues de Montréal Photo: Josie Desmarais/Métro
Henri Ouellette-Vézina - Métro

À quelques mois de l’interdiction des calèches dans la métropole, en décembre prochain, la Ville de Montréal a annoncé mercredi qu’elle compensera les cochers qui lui remettront leur cheval à la hauteur de 1000$. L’animal sera ensuite pris en charge par l’Association québécoise de protection des chevaux (GALAHAD) et envoyé dans un refuge ou une ferme, où sa santé sera préservée.

«On veut vraiment éviter l’abattage des animaux, comme on l’avait entendu dans les médias l’an dernier, a expliqué le responsable des services aux citoyens au comité exécutif, Jean-François Parenteau. Le programme va s’étaler sur deux ans et sera sur une base participative. Les propriétaires auront toujours le loisir de garder leur cheval et de demeurer cocher ailleurs, mais pas à Montréal.»

L’administration Plante offrira aussi un soutien aux cochers qui devront changer d’emploi à la fin de l’année, lorsque l’interdiction des calèches sera décrétée, en collaboration avec Québec et Ottawa.

«Ces gens-là détiennent une connaissance du tourisme à Montréal qui est assez pertinente. On veut les diriger vers d’autres formes d’emplois […] pour assurer une transition humaine, aller chercher le meilleur de leur expertise.» -Jean-François Parenteau, sur les cochers de la métropole

Au sein d’une «industrie touristique florissante à Montréal», le responsable ne se dit «pas inquiet» que la Ville puisse dénicher de nouveaux modèles d’affaires et de nouvelles façons d’intégrer les cochers à d’autres corps d’emploi.

Pour Sophie Gaillard, la directrice de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) – qui collaborera avec la Ville dans le processus –  le moment est symbolique, l’organisme soufflant ce mois-ci ses 150 bougies. «On ne pouvait pas imaginer un meilleur cadeau d’anniversaire que de voir enfin la fin des calèches à Montréal, et encore mieux, d’offrir aux derniers chevaux la retraite qu’ils méritent», a-t-elle confié.

Les personnes qui adopteront les chevaux pris en charge devront passer par un processus de sélection rigoureux, d’après elle. Des visites sur les lieux du foyer adoptif devront être organisées, tout comme des rencontres avec les cochers et la promesse d’un engagement ferme à ne pas revendre le cheval.

«L’idée, c’est qu’on garde le cheval jusqu’à la fin de sa vie naturelle dans un milieu sain. Si on ne trouve pas tout de suite un refuge, on aura aussi des foyers temporaires qui passeront par le même processus de sélection rigoureux.» -Sophie Gaillard

Celle-ci soutient que ces nouveaux mécanismes mis en place «sont emblématiques d’un changement de mentalité qui est en train de s’opérer à Montréal, au Québec et partout dans le monde quant à notre rapport aux animaux».

Faibles coûts
Montréal estime que son programme lui coûtera de 30 000 à 50 000$, puisqu’il ne reste qu’une cinquantaine de chevaux de calèche et quelque 47 cochers dans la métropole à l’heure actuelle. De ce nombre, la Ville dit s’attendre à recevoir environ 35 demandes après le lancement de ses nouvelles mesures.

«Advenant le cas où on recevrait plus de demandes que prévu, on va s’ajuster, c’est clair. On vise l’ensemble des chevaux qui pourraient être transférées dans une famille d’accueil», a illustré Jean-François Parenteau.

Jusqu’à nouvel ordre, les quelques écuries qui sont toujours en activité dans la région métropolitaine seront conservées, a rappelé la Ville. «Il n’y aura plus d’activité au niveau équestre, mais elles pourront être converties au niveau du bâtiment. Il y a différentes options qui s’offrent à nous», a poursuivi l’élu municipal, disant «ne pas craindre» de recours judicaires dans ce dossier.

Selon le conseiller dans le district de Desmarchais-Crawford, Sterling Downey, un abattoir ne donne qu’entre 500 et 800$ à un propriétaire lorsqu’il accepte de prendre son cheval. «On pense que notre 1000$ est très juste dans ce contexte-là, considérant qu’on parle d’un animal vivant. Les propriétaires pourront laisser aller leur cheval en toute confiance», a-t-il souligné.

M. Downey a ajouté que la Ville demeure toujours ouverte à entendre les préoccupations des cochers et des parties prenantes impliquées.

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