Montréal
15:38 11 avril 2019 | mise à jour le: 11 avril 2019 à 17:20 temps de lecture: 4 minutes

Des chauffeurs d’autobus déplorent que la CSDM «ne comprenne pas leur réalité de pénurie»

Des chauffeurs d’autobus déplorent que la CSDM «ne comprenne pas leur réalité de pénurie»
Photo: Archives Métro

Un syndicat de chauffeurs d’autobus scolaires condamne que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) avec qui il fait affaire «ne comprenne pas sa réalité», soit une «énorme» pénurie de main-d’œuvre qui menace de déclencher une crise du transport d’écoliers.

Le 4 avril dernier, la commission scolaire montréalaise a envoyé une mise en demeure à Autobus Transco pour lui signifier une possible «fin de contrat». L’avocat Jessy Authier-Lanctôt, qui représente la CSDM, mentionne dans le document dont Métro a obtenu copie que le transporteur aurait «omis d’utiliser le nombre de véhicules requis en vertu du contrat, n’aurait pas respecté les horaires […] et aurait, en plus d’avoir procédé à des jumelages de parcours sans autorisation, facturé des parcours qui n’ont pas été effectués».

Appelée à réagir, la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Transco, Carole Laplante, dit vouloir remettre les pendules à l’heure. «On nous reproche plusieurs choses, mais la réalité, c’est que tout ça vient du fait que des conducteurs d’autobus au Québec, il n’y en a plus, explique-t-elle à Métro. Il y a des parcours où personne ne peut répondre à la demande. Qu’est-ce qu’on fait quand on manque de chauffeurs? On double nos routes. C’est la seule façon de faire.»

C’est sur ce point qu’accroche précisément la CSDM, d’après Mme Laplante. «La commission scolaire n’est pas contente, parce que ça peut causer des retards sur ses parcours. Or, ce sont des retards mineurs et c’est mieux ça que de laisser des enfants sur le bord du chemin», insiste-t-elle.

«Le réel problème, ce n’est pas qu’il y ait des absences, mais plutôt le fait que notre employeur, bien malgré lui, ne dispose pas de remplaçantes ou remplaçants pour faire face à ces absences […]. C’est carrément insultant d’être pris au piège de la sorte.» -Carole Laplante

La leader syndicale estime que l’administration de la commission scolaire «refuse de comprendre le problème». «Ils sont très conscients du fait qu’on manque de chauffeurs, on en parle partout au Québec. Alors pourquoi s’acharner? J’ai du mal à comprendre, surtout que ce ne sera pas mieux ailleurs ; on est en pénurie partout», avance-t-elle.

Même son de cloche pour le président du secteur du transport scolaire à la Fédération des employés des services publics, Stephen P. Gauley, qui soutient que ses membres sont «témoins à chaque semaine de problèmes en lien avec la rareté de main-d’œuvre». «Les employeurs, et ce n’est pas de leur faute, n’ont tout simplement pas de remplaçants pour faire face aux divers congés normaux, qu’ils soient pour maladie ou pour d’autres raisons fondées. Ce faisant, des salariés se présentent au travail malades, des cadres doivent prendre le volant, des parcours doivent être doublés ou peuvent ne pas être faits», considère-t-il.

Des écoles affectées, plaide la CSDM
Dans sa mise en demeure, la CSDM explique qu’en plus de «conséquences financières», les manquements de Transco ont «affecté négativement les activités de quelques écoles touchées».

La commission scolaire ajoute qu’elle «n’entend plus tolérer ce genre de situation qui perdure depuis trop longtemps».

«Depuis plus de 18 mois, la CSDM connaît des difficultés avec ce transporteur. Le taux d’absentéisme sur les circuits de la CSDM varie entre 15 et 20%. Cela a des répercussions sur nos circuits scolaires», a précisé à Métro le porte-parole de la CSDM, Alain Perron.

«À chaque retard, ce sont nos élèves qui subissent les contre coups de l’inefficacité de l’entreprise à pallier au manque de conducteurs. Dans certaines situations, les retards aux écoles se sont avérés importants, soit plus de 30 minutes. […] L’aspect de la sécurité nous préoccupe énormément.» -Alain Perron

La directrice régionale de Transco Laurie Henner – à qui la mise en demeure était directement destinée – reconnait aussi l’existence du problème, dans une lettre envoyée à ses employés le 5 avril. Elle demande que tous les chauffeurs «réfléchissent à leur propre situation et fassent des choix appropriés». Autrement, selon elle, «garder le statu quo va entraîner des conséquences, comme le retrait de circuits».

«Plusieurs d’entre vous nous ont déjà aidé cet hiver en modifiant ou repoussant des vacances, faisant des circuits additionnels ou encore en changeant des dates de rendez-vous médicaux. Nous remercions grandement ces chauffeurs. […] Il est important que nous travaillions ensemble, pour la pérennité de notre entreprise», renchérit-elle.

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Commentaires 12

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  • vicky

    retirer le contrat avec le transporteur ne reglera pas le probleme…y a pas plus de chauffeur disponible dans les autres compagnies… les chauffeurs se font rares.

    • François

      Oui exactement, la commission scolaire n’est même pas consciente qu’il n’ y a pas plus de chauffeurs ailleurs.Et au lieu de dépenser nos taxes en frais d’avocats exonéreux ,elle devrait s’asseoir avec les transporteurs pour trouver des solutions à ces problèmes chroniques.

  • Priscilla

    Le manque de chauffeur est lié au condition des travailleurs qui ne sont pas reconnu a leur juste valeur pour tous les responsabilités qu’ils ont. Je suis certaine que s’ils etaient mieux payé, il y aurait plus de chauffeurs. C’est bien beau , mais faut pas toujours frapper sur le même clou !

  • Michelle

    Drivers are simply not paid enough and their value is not noticed or respected. Schools bus driver have enormous responsibilities and have no health benefits or pension, Nothing. We transport the most precious of cargo and go unnoticed and over used as well as under paid.

  • Louise

    Tant que les conditions des chauffeurs d’autobus scolaire ne seront pas grandement bonifié, le problème persistera. Ça beau être un très beau métier, mais il n’y a rien actuellement d’invitant à faire ce métier. Vivre sur le seuil de la pauvreté sans fond de retraite ni assurance collective, avec la très grande responsabilité (les enfants, la sécurité, la discipline, les conditions météos etc…). Tous les transporteurs sont en manque de personnel et ça ne va pas en s’améliorant. Donc changer de transporteur ne règlera rien puisque c’est partout pareil et les Commissions scolaire devraient plutôt faire part au Ministre de l’éducation de la problématique avec les transporteurs, les syndicats et la Fédérations des transporteurs d’autobus scolaire pour régler le problème.

  • Nathalie

    Bonjour p etre que si il ferrai comme certaine commision payer a l annee un certain montant pour 52 sem p etre que il aurrai des chauffeur et aussi vraiment des avantage sociaux

  • Kamel

    Je suis chauffeur d’autobus scolaire depuis 3ans,je dirais que depuis en moins 2ans tout les acteurs de ce secteur étais au courant de la pénurie qui toucherais ce secteur .mais au lieu de cherché à trouver des solutions tout le monde cherche ces intérêts est ben ,avec m petit expérience je vous dirais qu’il aurais plus en plus de problèmes de ce genre l’es années à venir alors mieux vaut tard que jamais tirons l sonnette d’alarme ça va mal les conditions de travail sont médiocres est c’est les eleves est les parents qui continuerons à payer les frais .

  • Louise

    Tant que les conditions de travail des chauffeurs d’autobus scolaire ne seront pas grandement bonifiés, le problème persistera. Et le problème ne fait que commencer parce que qui veut travailler au seuil de la pauvreté sans fond de retraite ni assurance collective avec les très grandes responsabilités que nous avons ( sécurité des enfants, la discipline, conduite d’un véhicule lourd, les conditions routières etc…). En effet changer de transporteur ne fera que déplacer le problème puisque TOUS les transporteurs sont en manque de chauffeur d’autobus scolaire. Devant cette situation, les commissions scolaire devraient plutôt passer le message de la problématique au Ministère de l’éducation, pour appuyer les syndicats, les chauffeurs, les transporteurs et la Fédération des transporteurs d’autobus scolaire afin de trouver une solutions. C’est un très beau métier mais qui n’a rien d’invitant pour attirer de nouvelle recrue.

  • Mario Lanctot

    Quand nous recevons une mise en demeure, ç’est parce que le contrat n’est pas respecté, et que ça fait plusieurs avis, que nous recevons. C’est très facile de remettre le problème sur le dos des autres. Pourquoi signé un contrat quand nous savons au départ que nous n’avons pas les effectifs pour respecter son engagement, ce n’est pas aux chauffeurs ni au syndicat de réglé la situation ,ç est au propriétaire d’aller s’asseoir avec la commission scolaire,et le gouvernement pour avoir de meilleurs conditions pour les chauffeurs. Qui d’entre nous,irions travailler avec de tel condition de travail .Quand on est patron,c’est à nous comme patron que revient la responsabilité de bien respecter le contrat ,et tout ce qui vient avec.Messieurs du gouvernement qui avez des milliards en surplus ne pensez vous pas qu’il serait temps de donner de meilleurs conditions de travail à ces pauvres chauffeurs qui on de la difficulté à joindre les deux bouts! messieurs les politiciens, avec vos salaires faramineux ,vous ne voyez pas la difficulté que vivre les chauffeurs d’autobus scolaire ,vous devriez prendre le temps de réglé la situation (vous même n’iriez pas travailler dans de telles conditions )
    Messieurs les politiciens seulement avec vos comptes de dépenses les chauffeurs d’autobus scolaire serais mieux,alors messieurs du gouvernement un petit effort pour le bien de l’éducation de nos enfants et de les transporter en toute sécurité
    Tourner la médaille de bord, étudiez la situation et donnez de meilleurs conditions à nos excellents chauffeurs d’autobus scolaire
    Mario

  • Gisèle

    Pénurie oui surtout au scolaire,,,,, pas payant !!!! Combien de chauffeurs chez nous sont partis pour les autobus de la ville !!!!! Plein !!!!
    Lorsqu’il y a recrutement comme RTL ou celle de mtl c’est full chauffeurs qui veulent y entrer c’est. sur condition de travail est meilleure!!!!! Scolaire pas payant tout le monde s’entend là dessus!!!!! À vous de nous considérer en salaire et ils y aura full chauffeurs!!!!

    • Hervé

      Ces départs sont logiques…
      Regardez le salaire des chauffeurs de la STM, les avantages sociaux et aussi le nombre d’heure travaillées…
      Le seul moyen de lutter contre cela, c’est de donner les mêmes conditions dans le transport scolaire.
      Si le transport des écoliers est réellement une priorité de la CSM, la mise en demeure ne changera rien si la situation des chauffeurs scolaire n’évolue pas!.

  • Jean Michel szostak

    I am a school bus driver, I am part of the MTransport pilot project the CSDM will implement throughout all the Montreal region next year, I make $460 gross a week and after taxes it’s not enough to pay bills however, the CSDM will spend millions of dollars on MTransport, the application has no value other than taking attendance of a students as they enter and exit a school bus, as a bus driver that is wasted money because it does not do anything other than that. We make little pay for the responsibility given to us to ensure safe guarding of students