Montréal

Écoquartiers: Lachine fera appel à l’expertise de Strasbourg

Écoquartiers: Lachine fera appel à l’expertise de Strasbourg
Photo: TC Media/Isabelle BergeronLa mairesse de Lachine Maja Vananovic.

Lachine collaborera avec la Ville de Strasbourg, en France, en vue de la mise sur pied d’un écoquartier dans l’est de l’arrondissement, un projet pour lequel la mairesse Maja Vodanovic conserve de bons espoirs d’avoir un plan concret pour aller de l’avant d’ici décembre prochain.

«On a des études patrimoniales, des études de circulation, mais pas encore de planification à savoir où seront les écoles, les rues, les aménagements urbains. Ce qui est exceptionnel, c’est qu’on va déterminer tout ça en amont, avec nos citoyens», explique-t-elle en entrevue à Métro.

Avec les résidants, les organismes communautaires, les tables de concertation et les promoteurs, Lachine souhaite d’abord éclaircir des questions jusqu’ici plus ou moins documentées à Montréal. «Il y a un intérêt dans la métropole pour faire des écoquartiers, mais il faut définir ce que c’est, plaide Mme Vodanovic. Quand on met des toits verts, ça devient un écoquartier ? Quels sont les critères ? Il faut en discuter.»

L’arrondissement dit vouloir, à l’instar de son cousin français, travailler avec les promoteurs potentiels pour trouver une solution « gagnant-gagnant » financièrement. «La plupart des terrains visés sont privés. D’habitude, la Ville exproprie, mais si on veut embarquer les entrepreneurs avec nous, c’est un autre défi. Il faut arriver à trouver ce qui est utile pour eux aussi. Par exemple, si on investit en géothermie, nos partenaires le peuvent aussi, et ça, c’est intéressant», poursuit la mairesse.

En mobilité, la situation est idéale dans Lachine-Est, d’après la mairesse, puisque la ligne rose de l’administration Plante prévoit déjà un passage dans le secteur.

«Il y a des endroits au Québec où on va vers des quartiers plus verts, mais où les critères sont trop rigides. Aucun promoteur ne veut participer à ça. Il faut trouver des gains pour tout le monde.» -Maja Vodanovic.

Suivant les assemblées de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur le développement de Lachine-Est, l’arrondissement a reçu une cinquantaine de mémoires, dont la majorité traitait de «développement vert» d’après l’élue municipale, qui y voit un message fort pour l’écoquartier. «On rencontre des urbanistes, des architectes, la ville-centre, et on attend le rapport de l’OCPM», résume-t-elle.

L’expertise outre-mer
Capitale de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Strasbourg est reconnue pour son expertise grandissante à l’égard des projets d’écoquartiers, dans lesquels elle s’implique activement depuis plusieurs années.

La ville française possède pas moins de 33 écoquartiers sur son territoire d’à peine 80 km carrés. Celui de Danube, situé sur une friche portuaire, inspire particulièrement l’administration Vodanovic. «Il y a beaucoup de similitudes entre Lachine-Est, qui est aussi une friche industrielle, et ce secteur-là», indique-t-elle.

Au début mars, le président de la commission nationale ÉcoQuartiers française et responsable de l’urbanisme de la Ville de Strasbourg, Alain Jund, était venu donner une conférence à Lachine sur l’ABC de la création d’un écoquartier, après l’invitation d’un comité citoyen. Pas moins de 200 résidants s’étaient déplacés pour l’occasion.

«Ce qui m’a le plus frappé, dit Mme Vodanovic, c’est le côté mobilisation citoyenne de son discours. Pour faire un écoquartier, ça doit être porteur, pour nous et pour les autres quartiers aux alentours. Il faut que ça change la donne pour transformer plus grand, peu à peu.»

La Ville de Strasbourg assure qu’elle contribuera au projet et qu’elle soutiendra l’arrondissement de Lachine dans ses travaux techniques, en lui fournissant entre autres de précieux conseils tout au long du processus.

La mairesse Vodanovic prévoit aussi passer un séjour en France cet été pour amener le dialogue «encore plus loin». À l’échelle nationale, l’Hexagone recense quelque 600 écoquartiers et en voit naître de nouveau sur une base régulière.

Commentaires 1

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  • Sylvain Plourde

    Madame Vodanovic,

    Comment est-ce que les consultants de Strasbourg vont faire pour prendre en considération les températures hivernales que nous avons quand la plus faible température moyenne la plus faible est de … 1,9°C