Montréal
15:27 24 avril 2019 | mise à jour le: 24 avril 2019 à 16:59

Montréal fait un pas de plus pour interdire l’usage des articles et plastiques à usage unique

Montréal fait un pas de plus pour interdire l’usage des articles et plastiques à usage unique
Photo: Josie Desmarais/MétroLa mairesse de Montréal Valérie Plante

L’administration Plante veut interdire, une bonne fois pour toutes, les articles à usage unique dans la métropole. Pour y arriver, la Ville a mandaté mercredi son service de l’environnement de développer un cadre réglementaire sur le sujet d’ici l’automne prochain, promettant de tenir une consultation publique au début de 2020 et d’avoir un règlement écrit au printemps suivant.

Gobelets et contenants en mousse de polystyrène, barquettes de fruits et légumes, pailles ou encore ustensiles sont autant d’éléments visés par cette nouvelle offensive qui veut s’attaquer «à une crise sans précédent du traitement des matières résiduelles».

«Aujourd’hui, c’est clair : Montréal part en guerre contre les contenants à usage unique et le suremballage.» -Laurence Lavigne-Lalonde, responsable de la transition écologique au comité exécutif de la Ville

Mme Lavigne-Lalonde ajoute qu’il «n’est plus possible d’attendre, les conséquences des changements climatiques se faisant déjà sentir».

D’après la mairesse de Montréal Valérie Plante, «il faut voir que nos poubelles publiques sont remplies» de déchets de plastique. «Dans Ville-Marie, par exemple, il faut les vider plusieurs fois par jour, fait-elle valoir. Nos sites d’enfouissement débordent aussi de polystyrène. C’est une problématique majeure, d’autant plus que la décomposition s’étale sur plusieurs centaines d’années.»

Environ les deux-tiers des matières retrouvées dans les poubelles publiques sont des contenants à usage unique, plaide la Ville de Montréal, qui soutient que ces déchets représenteront 12 millions de tonnes métriques d’ici 2050. Au Canada, seulement 11% du plastique est recyclé. Le reste, non-recyclé, est souvent rejeté dans les cours d’eau.

L’étude de ce nouveau cadre réglementaire sera aussi accompagnée d’une analyse d’impacts sur le protocole interdisant déjà certains sacs de plastique dans la métropole.

«On veut profiter de notre démarche pour réviser la première mouture sur les sacs de plastique, pour voir si on peut aller plus loin et, entre autres, bannir entièrement les sacs de plastique.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

La mairesse souligne par ailleurs que des incitatifs à la réduction seront offerts aux commerçants et aux citoyens qui participent à l’effort collectif, le tout dans l’optique d’offrir «une transition progressive» aux Montréalais, quand le règlement sera adopté.

Au cas par cas
Malgré tout, l’élue Laurence Lavigne-Lalonde ne se le cache pas : certains articles à usage unique continueront d’exister à Montréal. «L’idée ce n’est pas de dire que tous ne devraient plus exister, mais de dire que les plus nuisibles, qui coûtent le plus cher à produire et à détruire, n’auront plus leur place», a-t-elle tranché.

Elle ajoute qu’à l’inverse, les contenants qui présentent des alternatives vertes pourront être préservés. «Il y a des articles 100% compostables, a-t-elle illustré. On trouvera des solutions pour chacun des items, puisqu’ils n’ont pas tous le même impact. C’est vraiment une démarche exhaustive qu’on veut faire.»

Le but du règlement sera aussi, plaide la mairesse Plante, «d’accompagner les commerçants et les résidants dans sa mise en application», pendant et après la consultation publique qui se tiendra devant l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

La chef de Projet Montréal dresse d’ailleurs un parallèle avec les inondations survenant actuellement à Montréal et un peu partout au Québec, signe «que l’on doit agir et que tous les gestes comptent» pour lutter contre les changements climatiques.

«Les villes sont les premières à être touchées par les changements climatiques, et ce sont les citoyens qui paient le prix, a-t-elle déploré. L’époque où on remettait à plus tard les décisions entourant la protection de l’environnement est révolue. On ne reculera plus parce qu’on nous demande de changer nos habitudes.»

La nouvelle a été somme toute bien accueillie par Greenpeace Canada. «Nous saluons la décision de l’administration Plante de réglementer l’utilisation d’articles et emballages jetables, ainsi que son souhait d’instaurer des interdictions visant certains plastiques à usage unique, tels que les pailles, les ustensiles et le polystyrène. Par contre, la Ville de Montréal devrait passer à l’action plus rapidement», a avancé la chargée de campagne de l’organisme, Agnès Le Rouzic.

«Bien qu’il soit encourageant de voir Montréal se joindre à d’autres grandes villes dans la lutte contre la pollution plastique, attendre 2020 pour mettre en œuvre cette réglementation retarde ce qui aurait déjà dû être fait, à savoir l’interdiction des plastiques à usage unique les plus problématiques», a-t-elle ajouté.

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Commentaires 4

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  • Marcel Pitre

    Si ça continue madame Plante va interdire les cônes oranges en plastique …😂

  • Mal Iergo

    Ce n’est pas le rôle d’une municipalité de réglementer les plastiques. Ceci devrait être du recours du gouvernement fédéral. Pendant que nos politiciens municipaux gèrent des problèmes qui ne sont pas de leur compétence, ils ne s’occupent pas de ce qu’ils devraient faire. Le rôle des élus municipaux devrait être de s’assurer de la s’assurer que les vidanges soient ramassés, que les rues soient entretenues et sécuritaires et veiller à ce que les immeubles et logements sur leur territoire soient entretenus correctement par leur propriétaires. Il faudrait rappeler les élus municipaux à l’ordre et leur dire que ce n’est pas de leur recours de faire de la politique provinciale, nationale ou internationale. Les villes n’en seraient que mieux gérées.

    • Cristiane Bernier

      Ce sont les municipalités qui gèrent les déchets et la récupération et ce sont avec vos taxes qu’ils doivent le faire. Il est donc très légitime que ce soit les municipalités qui cherchent à les réduire. C’est ça un gouvernement de proximité.

  • Carole Lussier

    La responsabilité aujourd’hui incombe à tous, citoyens, municipalités et gouvernements d’ici ou d’ailleurs. Je n’utilise plus de sacs de plastique et de pailles depuis plus de 20 ans, pas plus que je n’achète d’eau embouteillée pour ne nommer que ces exemples et je m’en porte très bien. Dans le contexte actuel, prendre une décision comme celle-ci est pour le plus grand bien de tous. Et prendre ce genre de décision ne prend que quelques secondes, le reste se fait tout seul. Nous devons changer nos habitudes de consommation et je la félicite de mettre son pied à terre, là où d’autres n’ont pas voulu ou ont eu peur de le faire. Je vous supporte, Madame, à 150%. Bravo.