Montréal

Une inspection sur la fraude tarifaire réclamée à la STM

Une inspection sur la fraude tarifaire réclamée à la STM
Photo: Pablo Ortiz/MétroÀ l’heure actuelle, seulement 14 stations du métro sur 68 sont desservies par un ascenseur.

Deux élus montréalais demandent que la vérificatrice générale (VG) Michèle Galipeau se penche sur la question de la fraude à la Société de transport de Montréal (STM), dans une motion qui sera déposée au prochain conseil municipal, le 13 mai.

«Les gens qui ne paient pas l’entrée du métro, qui abusent du système, ça doit cesser, plaide le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, en entrevue à Métro. Chaque dollar fraudé en est un qui n’est pas mis dans l’amélioration des services et qui est refilé aux usagers, en hausses de tarifs.»

Selon les données de la société de transport, environ 30% du temps des agents de sécurité sur un quart de travail est «dédié à des activités de prévention de la fraude», tant sur les réseaux de bus que de métro.

Pour Marvin Rotrand, ce chiffre est loin d’être suffisant.

«Ça prend une plus grande abondance de gens en uniforme dans les stations. Les études démontrent qu’il y a un lien clair entre leur présence et la réduction de la fraude dans le système. En ce moment, c’est à peine 3 à 4% des clients qui sont vérifiés par année.» -Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon

Demandant aussi l’implantation de solutions technologiques «simples» comme des lecteurs prioritaires dans les autobus, l’ancien membre du CA de la STM suggère aussi la création «d’incitatifs pour transformer ceux qui abusent le système en usagers disciplinés et réguliers». «Pour une première infraction, on pourrait donner une option de paiement sur deux semaines, suivie d’une carte mensuelle gratuite. Il faut transformer ces usagers-là», envisage-t-il.

Même son de cloche pour le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui estime que «c’est une fois qu’on aura une bonne appréciation de l’ampleur du problème qu’on pourra mettre en place des stratégies ciblées». «C’est une question d’équité sociale, au nom de tous ceux qui utilisent les transports collectifs» tranche-t-il.

À Toronto, une récente conclusion de la VG Beverly Romeo-Beehler démontrait que la Commission des transports (CTT) perdait environ 61 M$ chaque année en raison de la fraude tarifaire, des chiffres beaucoup plus élevés que ce qu’avait estimé l’administration municipale. «La situation torontoise n’est pas une exception, dit M. Rotrand. À Vancouver, à Edmonton, à Calgary, ce problème est très large et il créé beaucoup de vulnérabilité sur le transport en commun.»

Appel à la «prudence»
Appelé à réagir, le porte-parole de la STM Philippe Déry soutient qu’«il faut être prudent dans la façon d’évaluer la fraude».

Celle-ci ne peut pas, selon lui, «être évaluée simplement à partir d’observation à des tourniquets de métro ou dans des bus». «Ça doit être vérifié en fonction des inspections effectuées par nos agents», poursuit-il, faisant référence à un récent reportage du Journal de Montréal qui avait démontré, images à l’appui, qu’en moyenne 15 fraudeurs passaient à l’heure dans huit stations de métro.

D’après M. Déry, «la STM observe que lors d’une opération de contrôle de titres, c’est une moyenne d’un peu plus d’un client sur 100 vérifiés qui n’a pas son titre de transport».

La STM estime à environ 20 M$ sa perte annuelle due à la fraude, même si aucun document n’existe à l’interne pour le prouver. En l’absence de chiffres précis et de documentation, «ça reste toujours un montant flou sur lequel personne ne semble avoir de certitude», condamne Alan DeSousa.

«Il est très difficile de mesurer avec précision un taux de fraude mais toutes les analyses que nous avons effectuées depuis 2009 nous permettent d’arriver à ce constat», reconnaît M. Déry. Il souligne que, malgré tout, depuis l’implantation de la carte OPUS, «on estime que la fraude a réduit de plus de la moitié».

«Plusieurs facteurs ont contribué à la réduction de la fraude avec l’implantation du système OPUS, dont la gestion automatisée des correspondances et celle du tarif réduit ainsi que l’implantation du contrôle a posteriori et l’élimination de la validation visuelle», détaille-t-il, ajoutant que des opérations de contrôle «aléatoires» sont aussi réalisées par les inspecteurs en «ciblant certains secteurs problématiques».

Le montant d’une contravention remis à une personne qui ne détient pas son titre de transport «se veut d’ailleurs dissuasif», dit le porte-parole.

Commentaires 1

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  • daniel quevillon

    Moi je travaille la nuit il a plein de monde qui paye pas dans l’autobus