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Fini le «derby du déneigement» à Montréal, plaide l’administration Plante

Valérie Plante et Jean-François Parenteau Photo: Josie Desmarais/Métro

«Fini le derby du déneigement» à Montréal. L’élu responsable du dossier, Jean-François Parenteau, veut mettre de côté la compétition entre les joueurs concernés pour prioriser la qualité de l’exécution sur le terrain lors des prochaines années.

«Pour moi, le derby du déneigement, de déclencher et de partir une course pour savoir qui finit en premier, c’est fini, a-t-il envisagé. Ce n’est plus l’option, c’est vraiment au niveau de la qualité de l’exécution sur le terrain. Ça doit être ça, la plus grande priorité.»

D’après le maire de Verdun, cette course «qu’on s’était collectivement donnés ajoutait une pression inutile» pour tout le monde.

Il faut d’abord s’assurer que l’ensemble des parcours soient mieux exécutés, d’après lui. «Plusieurs choses qui nous ont été reprochées l’an dernier étaient déjà dans les politiques de déneigement antérieures. Il faut d’abord s’assurer que le travail soit fait», a-t-il envisagé.

«Tout le monde sait qu’on a eu un hiver ardu. Il y a eu 11 épisodes de glace […] et avec les changements climatiques, la réalité c’est qu’on va avoir de plus en plus d’hivers glacés.» -Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens

Des mesures pour faciliter
À l’avenir, pour laisser «plus de latitude» aux arrondissements lors des opérations de déneigement, la Ville entend donner la permission à chacun d’entre eux de lancer deux chargements locaux, s’ils en ressentent le besoin.

«Ils auront la latitude de le faire aux frais de la Ville, même sans décret de la ville-centre», a assuré M. Parenteau, soulignant qu’un arrondissement pourra aussi entrer en chargement de la neige «dès qu’un décret est lancé». «Si l’arrondissement commençait à faire un déblaiement complet, on va lui permettre de le finir pour rentrer en mode chargement par la suite», a-t-il nuancé.

Mais pour le maire d’Anjou Luis Miranda, souvent interpellé dans le dossier du déneigement, la mesure est loin d’être suffisante. «Non, ce ne l’est pas. Depuis que c’est centralisé, plus d’une fois on s’est tiraillés avec eux quand on voulait faire des opérations. Donnez-nous les outils qu’il faut, et c’est tout», a-t-il constaté.

«Être aussi opérationnel, comme on l’était avant, ce ne serait pas mieux aussi? Ça fonctionnait avant, on avait des résultats avant.» -Luis Miranda, maire d’Anjou

Montréal mettrait aussi sur pied un comité permanent, en collaboration avec tous les arrondissements et les professionnels de la Ville, afin d’avoir une mise à jour «régulière» et plus fréquente des opérations sur le terrain. Cela permettrait de «mieux s’ajuster», croit M. Parenteau.

L’administration Plante veut enfin harmoniser les échelles de priorités de déblaiement des rues, à 2,5 cm partout dans la métropole.

La centralisation de la compétence de déneigement à la ville-centre a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières années. Un vote devrait être tenu mardi sur la question à l’hôtel de ville. «Il faut déterminer comment on va travailler pour la suite des choses», a dit l’élu municipal, disant avoir rencontré «plusieurs élus, maires et membres d’arrondissements» dans les derniers mois sur cette question.

Pour le chef de l’opposition, Lionel Perez, les éléments avancés par la Ville «sont intéressants et sont les bienvenus».

«On voit une flexibilité. Il y a une plus-value avec le maintien de la centralisation, mais pas à n’importe quel prix.» -Lionel Perez, chef de l’opposition officielle

Ensemble Montréal dit toutefois avoir «des questions pointues» sur l’adoption de ces changements, notamment sur le plan budgétaire. «On veut s’assurer que ce soit fait à coût nul, et que le temps supplémentaire va être payé», a martelé M. Perez.

D’après lui, la nouvelle politique de déneigement ne devrait pas s’étaler sur cinq ans, comme le veut la Ville de Montréal. «Avec le bilan de cette administration, on voit qu’il y a des défis importants. On n’est pas à l’aise de renouveler ça pour cinq ans. En le faisant sur une période plus restreinte – habituellement c’est 2 ans – on pourra faire un bilan et s’assurer que ça fonctionne bien», a ajouté l’élu.

Rappelant que l’administration n’a pas investi dans le déneigement «depuis deux ans», Lionel Perez a enfin appelé la Ville à le faire lors de ses prochains budgets pour donner plus de moyens aux arrondissements, entre autres.

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