Montréal

Menacés de disparaître, les Petits Chanteurs du Mont-Royal somment Québec d’intervenir «urgemment»

Menacés de disparaître, les Petits Chanteurs du Mont-Royal somment Québec d’intervenir «urgemment»
Photo: Courtoisie PCMRPlusieurs dizaines de jeunes étaient présents à la manifestation, jeudi.

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal (PCMR) en ont assez: sans soutien du ministre Jean-François Roberge malgré une décision «unilatérale» de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de transférer les élèves à l’Académie De Roberval dans Villeray, ils ont tenu une grande manifestation jeudi devant le Collège Notre-Dame.

«On comprend que le ministre préférerait une solution publique, mais elle n’est pas du tout acceptable à l’heure actuelle et surtout, elle ne suscite pas du tout l’adhésion chez les parents», explique à Métro le président du conseil d’administration des PCMR, Pierre Éloi Talbot.

D’après un sondage réalisé à l’interne il y a quelques semaines, 90% des parents retireront effectivement leurs enfants du programme de formation musicale si ceux-ci doivent être transférés dans un établissement du quartier Villeray. L’existence même des Petits Chanteurs serait donc menacée par le refus de la CSDM de renouveler l’entente avec le Collège Notre-Dame, plaide le responsable.

«Si pareille situation venait à se produire, on se retrouverait essentiellement à devoir fermer nos portes assez rapidement. Notre financement vient carrément à moitié des paiements des parents et des activités de chorales», envisage-t-il.

«Si le ministre Roberge n’intervient pas urgemment, ce sera la fin des Petits Chanteurs du Mont-Royal.» -Pierre Éloi Talbot, président du CA des PCMR

Son groupe plaide qu’en forçant ses membres à faire un choix, la CSDM obligera surtout des jeunes enfants à faire des déplacements supplémentaires de plus de deux heures par jour, ce qui aura pour effet de provoquer des «absences répétées».

Pas de différence de coût
Entre la solution préconisée par la CSDM dans Villeray et le collège Notre-Dame, il n’y a aucune différence de coût, dit Pierre Éloi Talbot. «Ça ne coûte pas un sous de plus aux contribuables d’envoyer nos jeunes à Notre-Dame ou ailleurs. Les fonds doivent venir du gouvernement et la décision doit être prise pour assurer notre financement», rappelle-t-il, soulignant qu’à défaut d’un appui, il faut au moins «un délai raisonnable pour trouver une solution viable».

À moyen terme, lorsque les enfants pourront de nouveau suivre leur programme de formation au Collège Notre-Dame, «on pourra trouver de nouvelles solutions», reconnaît le président du conseil d’administration, se disant «ouvert» à discuter des autres options sur la table avec le ministère de l’Éducation et la CSDM dans les prochains mois.

Plusieurs anciens membres de l’organisme étaient sur place lors de la manifestation, tout comme certaines personnalités publiques qui le soutiennent dans sa mission. Dans une lettre datant du 22 mai dernier, publiée dans La Presse, des gros noms du milieu culturel québécois comme Grégory Charles, Marc Labrèche, Serge Denoncourt, Yannick Nézet-Séguin et Kent Nagano ont ouvertement affiché leur soutien aux PCMR.

Une pétition en ligne a aussi recueilli plus de 16 000 signatures du grand public, alors qu’une motion votée à l’unanimité à L’Assemblée nationale a aussi demandé au gouvernement «de proposer rapidement des solutions adéquates» pour assurer la survie de l’organisme.

Dans un communiqué publié après une rencontre le 12 juin avec des membres des PCMR, la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, affirme que «les Petits Chanteurs profiteront de la même souplesse à l’Académie De Roberval».

«[Nous avons] une longue expertise dans l’aménagement des grilles horaires. Plusieurs de [nos] écoles offrent des programmes arts-études, sport-études, en sciences ou en musique qui demandent une grande flexibilité.» -Catherine Harel Bourdon, président de la CSDM, ajoutant que ce choix est celui qui «répond le mieux aux aspirations des parents».

Selon la CSDM, «55 des 84 élèves des PCMR, qui fréquentent présentement l’école primaire Notre-Dame-des-Neiges, habitent plus près de l’Académie De Roberval que du Collège Notre-Dame». «Les élèves se rapprochent ainsi de leur lieu de scolarisation au secondaire», souligne la commission scolaire.

Dans les dernières semaines, le ministre Jean-François Roberge a invité à plusieurs reprises la commission scolaire à «faire ses devoirs» et à proposer de nouvelles avenues. Refusant de céder sur le renouvellement de l’entente historique qui permettait jusqu’ici aux PCMR d’étudier quasi-gratuitement au collège Notre-Dame, Mme Harel Bourdon a toutefois promis d’étudier «d’autres scénarios».