Montréal

Québec «doit confirmer» le prolongement du SRB jusqu’à Notre-Dame, plaide QS

Québec «doit confirmer» le prolongement du SRB jusqu’à Notre-Dame, plaide QS
Photo: AMT/Collaboration spécialeUne maquette préliminaire du SRB Pie-IX

Le député provincial dans Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, somme Québec d’officialiser «incessamment» le prolongement du Service rapide par bus (SRB) sur le boulevard Pie-IX jusqu’à Notre-Dame. Il souhaite rassurer les résidants de sa circonscription sur les options de mobilité auxquelles ils auront accès dans les prochains mois.

«On demande à la ministre Chantal Rouleau de se prononcer sur le fond de cette question, explique-t-il en entrevue à Métro. Le projet est à l’étude, mais on est toujours en attente d’une décision politique qui va avoir beaucoup d’impacts sur la vie des citoyens.»

D’après celui qui a été élu en octobre sous la bannière de Québec solidaire (QS), une baisse de l’achalandage de l’autobus 139 Pie-IX sera «très certainement» observée en 2022, au moment où le SRB sera mis en fonction.

«On aura moins besoin de ce trajet et donc, par définition, il y aura moins de passages dans notre arrondissement. On est donc doublement perdants s’il n’y a pas de prolongement», dit-il.

Au-delà du projet en lui-même, Alexandre Leduc dit vouloir s’assurer de ne pas négliger l’expertise du Bureau de projet qui est en cours. «Si on l’annonce tout de suite, on n’aura pas besoin de repartir à zéro avec un équipe d’experts. Le gouvernement a tout avantage à officialiser le prolongement jusqu’à Notre-Dame le plus tôt possible», martèle-t-il.

Jointe par Métro, l’attachée de presse au cabinet de la ministre déléguée aux Transports, Camille Lambert-Chan, confirme qu’il s’agit bel et bien «d’une intention du gouvernement» d’aller de l’avant avec ce prolongement.

Le projet, qui fait actuellement l’objet d’une étude de validation à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), sera confirmé si et seulement si l’organisme de transport collectif se positionne «en faveur» de celui-ci, a ajouté Mme Lambert-Chan, sans vouloir donner plus de détails.

Or, pour le député solidaire, le temps presse, sa communauté «ayant soif de transport collectif». «Les stations de métro dans Hochelaga se situent pas mal au nord, alors pour les gens au sud, c’est plus l’autobus le moyen de transport et les fréquences ne sont pas terribles. Si en plus il y a moins de fréquences de passage, on va avoir tout perdu», soutient-il.

«Il n’y a aucune raison pour laquelle notre arrondissement n’a pas bénéficié du SRB dès le départ, lors de l’annonce du projet.» -Alexandre Leduc, député d’Hochelaga-Maisonneuve

Une nécessité, plaide Trajectoire Québec
Appelé à réagir sur cette question, le président de Trajectoire Québec – une association qui représente les intérêts des citoyens en matière de transport collectif dans la province –, est catégorique: le prolongement jusqu’à Notre-Dame est nécessaire pour assurer un service efficace du futur SRB Pie-IX.

«C’est clair que ce lien-là ne pourra jouer son rôle pleinement que s’il dessert Hochelaga en rentrant au centre-ville par Notre-Dame, explique François Pepin à Métro. Jusqu’ici, il y a plusieurs éléments qui sont annoncés bout par bout, mais on n’a pas de portrait complet. On espère que le plan stratégique de l’ARTM va nous donner plus d’informations.»

Tant que ce portrait d’ensemble n’est pas brossé, «ça restera assez difficile de prioriser un grand projet sur un autre», soutient-il. «Pour l’instant, on annonce des lignes de tramway par là et un prolongement ici. C’est très difficile de juger», poursuit-il.

Le plan stratégique de l’ARTM, qui doit paraître au début 2020, viendra combler un manque d’informations important en transport collectif, d’après le président de Trajectoire Québec, qui rappelle que le Plan de décongestion que met de l’avant la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis son élection «est tout simplement incomplet».

«En ce moment, il y a encore plusieurs liens manquants dans le réseau de transport en commun de Montréal. Le meilleur exemple est le prolongement de la ligne orange vers Bois-Franc», analyse également l’ancien directeur d’études à la Société de transport de Montréal (STM).