Montréal

Ville-Marie: Valérie Plante entend laisser moins de place aux voitures

Ville-Marie: Valérie Plante entend laisser moins de place aux voitures
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroLa conseillère associée à la mobilité, Sophie Mauzerolle, a dévoilé les grandes lignes du plan local de déplacement de Ville-Marie mercredi en compagnie de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Le centre-ville sera plus sécuritaire pour les piétons et les cyclistes, tandis que les automobilistes auront moins d’espace pour circuler. C’est en somme la vision de l’arrondissement de Ville-Marie, qui a dévoilé mercredi son plan local de déplacement à l’horizon de 2030.

«On ne peut pas construire plus de routes à Montréal et le nombre de voitures ne cesse d’augmenter. Alors, moi, je m’engage à encourager le transfert modal pour enlever de la pression sur le réseau autoroutier», a affirmé mercredi en marge d’une conférence de presse la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Afin de signer le déclenchement de ce plan, l’arrondissement a annoncé que les limites de vitesse seront révisés à la baisse dès ce soir dans Ville-Marie. Celles-ci passeront de 40 à 30 km/heure sur les rues résidentielles et de 50 à 40 km/h sur les principales artères routières. Une annonce qui concorde avec un des objectifs du plan Vision Zéro, présenté en mars dernier.

«On est content de revoir l’espace pour donner plus de place aux piétons et aux cyclistes. Mais ça prend aussi des aménagements rapidement pour que les limites de vitesse soient respectées», a réagi la co-porte-parole de Piétons Québec, Tania Gonzalez.

L’arrondissement entend aussi aménager prochainement une nouvelle piste cyclable sur la rue Guy entre rue William et la piste cyclable du boulevard De Maisonneuve Ouest. Quelque 600 supports à vélos seront également ajoutés d’ici deux ans dans Ville-Marie.

Transfert modal

L’arrondissement de Ville-Marie compte environ 90 000 résidants. Or, plus de 700 000 personnes y transitent chaque jour, entre autres pour venir y travailler. Les deux tiers de ces déplacements se font déjà soit en transport en commun, à pied ou à vélo. Une part modale que Valérie Plante souhaite augmenter.

«Il y aura toujours plus de voitures si on n’agit pas pour donner des moyens alternatifs aux gens pour se déplacer», a-t-elle martelé.

Afin de concrétiser la vision de ce plan, l’arrondissement s’est doté d’un comité d’experts. Ces derniers se réuniront à quelques occasions l’an prochain afin de déterminer des cibles plus précises.

Le Dr Patrick Morency, de la Direction de la santé publique, siègera sur ce comité.

«D’une manière générale, une réduction de l’usage de la voiture en ville serait associé à une diminution des problèmes de santé publique liés au transport», a évoqué l’expert. La réduction du nombre de voitures à Montréal permettrait notamment de réduire la pollution ainsi que «les risques de collisions».

Rues réaménagées

Au cours des prochaines années, l’arrondissement entend notamment réaménager de nombreuses rues afin d’en apaiser la circulation routière. Des trottoirs plus larges et verdis, des traverses piétonnières qui rétrécissent la voie et des îlots de refuge au centre de celle-ci sont quelques-uns des aménagements à prévoir sur le réseau local de Ville-Marie.

Mme Mauzerolle a d’ailleurs souligné que les rues D’Iberville et Frontenac, dans l’est du centre-ville, feront l’objet d’un «réaménagement majeur». Ces travaux devraient débuter l’an prochain.

Une réduction du nombre de places de stationnement gratuites au centre-ville est aussi prévue. Une mesure qui vise à diminuer le nombre de visiteurs qui se rendent dans ce secteur en voiture.

Vieux-Montréal

L’arrondissement entend en outre se pencher sur certains quartiers phares, notamment le Vieux-Montréal. Des études sont d’ailleurs en cours afin de revoir la circulation routière et le stationnement des autocars touristiques dans ce secteur patrimonial.

«Je considère que le Vieux-Montréal est un espace où il vaut la peine d’évaluer comment on peut réduire la place de l’auto-solo pour encourager d’autres modes de mobilité […] Il faut être créatif», a soulevé Mme Plante.

Cette dernière a d’ailleurs réitéré son intérêt à ce que des quartiers sans voitures voient éventuellement le jour à Montréal.