Montréal

Rapport accablant: le SPVM s’excuse d’avoir expulsé un élu

Rapport accablant: le SPVM s’excuse d’avoir expulsé un élu
Photo: Josie DesmaraisLe SPVM a refusé que l'élu nord-montréalais représentant l'opposition officielle, Abdelhaq Sari, assiste à la conférence de presse. / Josie Desmarais

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a présenté ses excuses à l’élu montréalais Abdelhaq Sari. Le corps policier lui a refusé l’accès lundi à une conférence de presse sur les interpellations du corps de police auprès des minorités visibles.

M. Sari est porte-parole du parti d’opposition Ensemble Montréal pour ce genre de dossier. Dans une publication Facebook publiée vendredi sur son compte personnel, l’élu affirme avoir eu «une bonne discussion» mercredi avec le directeur du SPVM, Sylvain Caron.

«Le chef du SPVM se voit désolé de ce qui s’est passé et m’a expliqué qu’il désapprouve complètement l’interdiction d’accès d’un élu à la salle de la conférence de presse», a écrit le conseiller de ville de Montréal-Nord. Le conseiller d’origine marocaine s’est dit soulagé de pouvoir enfin «[tourner] la page sur cet incident».

Lundi, le SPVM a rendu public un rapport qui fait état de discrimination systémique de la part des policiers de Montréal dans leurs interpellations. Cette vaste étude universitaire dévoile que les Noirs, les Autochtones et les jeunes arabes ont environ quatre fois plus de chances d’être appelés à s’identifier auprès d’un policier de la métropole qu’une personne blanche.

Étant vice-président de la Commission de la sécurité publique de Montréal, M. Sari tenait à assister au dévoilement de cette étude. Des policiers lui ont toutefois barré le passage, une situation qu’il a vivement déplorée.

Un journaliste de Radio-Canada présent à cet événement avait filmé la scène.

«Finalement, je suis fier d’être un élu de cette belle ville qu’est Montréal.» -Abdelhaq Sari 

Demandes répétées

Dans les derniers jours, plusieurs élus ont déploré cet incident et demandé au SPVM de clarifier la situation.

Dès lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a demandé à ce que M. Caron et l’élu d’Ensemble Montréal aient une discussion pour faire le point sur. Interpellé par Métro mardi, le SPVM avait refusé de commenter.

Le président de la Commission de la sécurité publique et élu de Projet Montréal, Alex Norris, a aussi qualifié mardi d’«erreur» la décision du SPVM. «Vous étiez tout à fait à votre place à cet événement», a-t-il dit à M. Sari lors d’une séance d’information publique de la commission permanente. 

Le conseiller indépendant du district Snowdon, Marvin Rotrand, a envoyé une lettre à l’élue responsable de la sécurité publique, Rosannie Filato, pour déplorer cette situation. Cette dernière lui a alors réitéré l’intérêt pour l’administration Plante que ce dossier soit réglé directement entre M. Sari et le directeur du SPVM.

«Je suis heureux que [M. Sari] ait été appelé par M. Caron, mais je crois que le SPVM aurait dû faire des excuses publiques pour reconnaître son erreur», a réagi vendredi M. Rotrand.

Séance publique

Marvin Rotrand ainsi que la Ligue des droits et libertés réclament par ailleurs la tenue d’une séance d’information par la Commission de la sécurité publique sur le rapport dévoilé lundi.

«C’est primordial. Ça prend une séance publique pour que les citoyens puissent proposer leurs solutions», a fait valoir M. Rotrand. Ce dernier estime que cette séance doit avoir lieu dans les plus brefs délais.

Questionné mardi sur cette possibilité, Alex Norris s’est dit favorable à ce qu’une telle séance ait lieu, sans préciser d’échéancier.