Montréal

Un élu demande un moratoire «immédiat» sur les interpellations policières à Montréal

Un élu demande un moratoire «immédiat» sur les interpellations policières à Montréal
Photo: Josie Desmarais/MétroMarvin Rotrand. Derrière lui, le militant Balarama Holness.

Un conseiller municipal demande à la Ville d’appliquer un moratoire «immédiat» sur les interpellations policières dans les rues de Montréal.

«Je pense qu’il y a beaucoup d’inquiétudes dans la communauté noire de Montréal. Il faut agir rapidement», martèle le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand.

Ce dernier entend profiter de la séance du conseil municipal mardi pour interpeller la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Il lui demandera d’exiger un moratoire «immédiat» sur les contrôles de rue effectués par les policiers de Montréal.

Lors d’interpellations policières, les forces de l’ordre procèdent à l’identification d’individus et enregistrent certains renseignements à leur égard, sans toutefois procéder à leur arrestation.

Vendredi dernier, le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Mark Furey, a décidé de bannir les contrôles de rue effectués par les forces de l’ordre dans la province. En mars dernier, un rapport dévoilait que les personnes noires à Halifax sont près de six fois plus à risque d’être interpellées par des policiers que les personnes blanches. 

«Il faut que ça cesse», martèle le président de la Ligue des Noirs du Québec, Dan Philip. Ce dernier appuie la demande de M. Rotrand.

Dans une pétition mise en ligne la semaine dernière, la Ligue des Noirs du Québec va jusqu’à demander la mise sous tutelle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). L’organisme déposera cette pétition à l’Assemblée nationale lorsqu’elle aura récolté «plusieurs milliers» de signatures, a indiqué M. Philip.

«Il y a trop de personnes qui sont arrêtées injustement.» -Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec

Rapport accablant

Au début du mois, le SPVM a dévoilé un rapport universitaire portant sur les interpellations policières auprès des minorités visibles. De manière générale, les personnes noires, autochtones ou arabes auraient environ quatre fois plus de chances d’être appelées à s’identifier auprès d’un policier montréalais que les personnes blanches.

La situation est d’autant plus préoccupante pour les femmes autochtones. Selon l’étude, ces dernières courent 11 fois plus de chances d’être interpellées par des policiers que les femmes blanches.

«C’est terrible. Elles ne peuvent pas se promener dans les rues sans avoir peur d’être interpellées par les policiers», condamne Marvin Rotrand.

Séance d’information

Le SPVM s’est fait avare de commentaires lundi. Le corps de police a toutefois assuré par courriel qu’il «répondra aux questions» des citoyens lorsque le rapport en question fera l’objet d’une séance d’information publique. La Commission de la sécurité publique doit l’organiser.

La semaine dernière, la Ligue des droits et libertés et Marvin Rotrand ont interpellé à plusieurs reprises la Ville pour réclamer la tenue d’une telle séance. La date à laquelle aura lieu celle-ci demeure inconnue.

Le SPVM s’est par ailleurs engagé à mettre en place, cet hiver, une politique en matière d’interpellation. Une équipe spécialisée dans l’intervention auprès des minorités visibles devrait aussi voir le jour d’ici au mois de mars 2020.

La Ville de Montréal n’a pas voulu commenter lundi la demande de M. Rotrand.