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18:24 24 octobre 2019 | mise à jour le: 24 octobre 2019 à 18:38 temps de lecture: 3 minutes

Projet de loi 40: Roberge va trop vite sans écouter, selon des enseignants

Projet de loi 40: Roberge va trop vite sans écouter, selon des enseignants
Photo: François Carabin/MétroDes manifestants de la FAE devant le Château Champlain, à Montréal

Des enseignants dénoncent avec verve l’attitude du ministre Jean-François Roberge dans le dossier du projet de loi 40 sur la modification de la gouvernance scolaire. Il agit selon eux avec précipitation et inconsidération.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’est jointe jeudi aux revendications de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui s’était insurgée moins de 24h auparavant de ne pas pouvoir s’exprimer en commission parlementaire sur le texte modifiant la gouvernance scolaire.

La CSDM a finalement obtenu gain de cause jeudi et pourra être entendue en commission, tout comme la FAE.

Manifestation

Quelques dizaines de représentants de l’association d’enseignants ont tout de même manifesté devant le Marriott Château Champlain, au centre-ville de Montréal, pour exiger du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, qu’il écoute les employés du secteur.

M. Roberge participait à l’allocution de son homologue français, Jean-Michel Blanquer, à l’intérieur de l’établissement hôtelier.

«C’est un projet de loi qui vise à doter le ministre de pouvoirs qu’aucun autre ministre n’a eu avant lui, a soutenu le président de la FAE, Sylvain Malette, à quelques pas de la foule de pancartes. C’est un projet qui vise […] à lui permettre de faire main basse sur le réseau des écoles publiques et de dicter ses volontés.»

La présence en commission parlementaire de la FAE et de la CSDM ne changera pas les choses, selon M. Malette. «C’est un projet de loi mastodonte», a-t-il analysé, faisant écho aux propos de mercredi de la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

Le ministre Roberge, principal artisan du texte législatif, s’insurge que des «faussetés» aient été véhiculées par rapport au projet de loi. «Il y a eu des attaques contre la vérité. Il y a des gens qui cherchent à travestir le projet de loi 40, à le faire passer pour ce qu’il n’est pas», a-t-il affirmé.

Attaque envers le ministre

Sylvain Malette se demande si M. Roberge, un ex-enseignant, «n’a pas oublié d’où il venait» lorsqu’il met à l’étude le PL40.

«Des réformes, on s’en est fait imposer. Et c’était lui qui, dans l’opposition, dénonçait son prédécesseur. Il l’accusait de décider en haut et d’imposer vers le bas. Bien, il fait pire.» – Sylvain Malette, président de la FAE

Pas assez de temps?

Tout comme la CSDM, les enseignants souhaitent prolonger l’étude des questions scolaires. L’adoption sous «bâillon» du PL40, inquiète d’autant plus la FAE.

«Les conditions sont réunis pour un bâillon alors qu’il n’y a aucune raison. Il n’y a pas péril en la demeure», a souligné Sylvain Malette, mercredi.

«On aura sept ou huit jours pour décider de l’avenir d’un réseau mis en place avec le rapport Parent. Où on s’est doté il y a cinquante ans d’une vision commune de ce qu’était l’école publique.» – Sylvain Malette

Jean-François Roberge croit qu’il y a eu amplement de temps pour discuter.

«Depuis 2012 qu’on a dit qu’on allait dans cette direction-là, a avancé le ministre. Tout le monde le savait. S’il ne sont pas prêts là, ils ne seront jamais prêts.»

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