Montréal
03:30 1 novembre 2019 | mise à jour le: 31 octobre 2019 à 17:58 temps de lecture: 4 minutes

Facebook, internet et les objets intelligents: autant de menaces pour les enfants

Facebook, internet et les objets intelligents: autant de menaces pour les enfants
Photo: iStockAu Canada, 38% des enfants en bas de 4 ans ont leurs propres tablettes et 42% ont leurs propres téléphones intelligents.

Les parents devraient se méfier davantage des réseaux sociaux comme Facebook, ainsi que des objets connectés à internet lorsqu’il est question de leurs enfants. Ces outils peuvent affecter la vie privée et le développement des jeunes de tous âges, affirment deux expertes.

Les parents partagent en moyenne 1500 photos de leurs enfants sur Facebook avant même qu’ils atteignent l’âge de cinq ans, selon la chercheuse à l’École des médias de l’UQAM, Catalina Briceno.

Mme Briseno estime que le partage ouvre la porte à des prédateurs. «Il a de plus en plus de problèmes et de crimes liés à des enfants d’âges mineurs, il n’y a pas lieu d’alimenter cette machine d’un surplus d’images d’enfants adorables qu’il est possible de retracer, de savoir où ils habitent et comment les retrouver » explique-t-elle.

«Comme parents, on a des gestes à poser pour s’assurer qu’on laisse le moins possible de traces numériques de nos enfants, surtout s’ils sont très jeunes. Ce n’est pas nécessaire, ça rend l’enfant vulnérable», plaide-t-elle.

Nourrir le narcissisme

Au Canada, 38% des enfants de moins de 4 ans ont leur propre tablette et 42% des enfants ont leur propre téléphone intelligent, mentionne-t-elle. Pour protéger les petits mousses, l’auteure de l’ouvrage Parents dans un monde d’écrans estime qu’il faut faire comprendre aux enfants que l’internet est un environnement ouvert. «On ne s’y promène pas sans l’accompagnement d’un adulte, et une bonne dose de prudence.»

Selon elle, l’exposition constante des enfants sur les réseaux sociaux est néfaste pour le développement de l’enfant. «On développe très tôt chez l’enfant un exhibitionnisme. On risque de développer une situation où l’enfant lui-même cherche à se montrer. Les enfants demandent à leurs parents combien de ”likes” et de commentaires ils ont eus sur les photos», explique-t-elle.

Pour l’auteure, cette surexposition de l’image crée une chaine d’émulation pour les jeunes filles. «Les comportements qui étaient plus réservés aux adultes finissent par trouver une chaine d’émulation très rapide qui se transmet à un écart d’âge beaucoup plus rapproché chez les filles».

Elle estime que cela provient d’un problème systémique qui est très axé sur l’image, qui est fortement amplifié par Internet.

Mesures restrictives

Pour la codirectrice des communications de l’École de sécurité numérique, Anne-Sophie Letellier, les priorités et les besoins de tous sont différents en matière de sécurité sur les réseaux sociaux. «L’idée est que les gens saisissent les menaces», selon elle.

Travaillant à Crypto Québec, Anne-Sophie Letellier croit qu’il faut penser au consentement et à nos paramètres de sécurité lorsqu’on partage des informations sur les réseaux sociaux concernant nos enfants.

Mme Letellier conseille aux parents de diversifier les navigateurs qu’ils utilisent sur internet, d’utiliser des modes de navigation privés lorsqu’ils utilisent des ordinateurs partagés, d’ajouter des extensions afin de bloquer les cookies et de savoir gérer les paramètres.

Pour Catalina Briceno il faut aussi éviter les jouets connectés, qui sont souvent munis de capteurs de son et de caméras. Ces jouets peuvent être piratés, met-elle en garde. Même constat pour les enceintes intelligentes, qui sont sur écoute constante même lorsqu’elles ne sont pas activées. Celles-ci peuvent aussi être piratées, indique-t-elle.

Les chercheuses prononceront des conférences sur la sécurité numérique dans le cadre du Rendez-vous numérique, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). L’événement se tient du 2 au 8 novembre.

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