Montréal

Québec appelé à agir pour améliorer la «piètre» qualité de l’air dans l’est de Montréal

Québec appelé à agir pour améliorer la «piètre» qualité de l’air dans l’est de Montréal
Photo: Amélie Gamache/Métro MédiaVisée par un rapport fort médiatisé concernant ses émanations d’arsenic dans l’air de Montréal-Est, l’usine CCR s’est équipée en novembre dernier d’un dépoussiéreur deux fois plus puissant que l’ancien.

Des organismes, appuyés par Québec solidaire, interpellent le gouvernement Legault pour réclamer un meilleur contrôle de la qualité de l’air dans l’Est de Montréal. Parallèlement, les industries du secteur affirment faire leur part pour réduire leur empreinte écologique.

«En ce moment, on n’arrive pas à savoir si on a réussi à réduire la concentration d’arsenic dans l’air. On ne sait pas si ça s’est amélioré. C’est aberrant», affirme à Métro la députée de Mercier et porte-parole de Québec solidaire en matière d’environnement, Ruba Ghazal.

Cette dernière a lancé récemment une pétition sur le site web de l’Assemblée nationale dans laquelle elle déplore la «piètre qualité de l’air» dans l’Est de Montréal. La pétition réclame au gouvernement Legault de «contraindre les entreprises à respecter les normes de l’air actuellement en vigueur» dans la province.

L’an dernier, une enquête du Journal de Montréal a dévoilé que les résidents de certains secteurs de l’Est sont exposés à des concentrations d’arsenic deux fois supérieures à la limite fixée par les normes environnementales québécoises. Il s’agissait toutefois d’une amélioration par rapport aux années précédentes.

«On le sait, la qualité de l’air dans l’est s’améliore au fil des années, mais il y a encore beaucoup de travail à faire.» -Ruba Ghazal, députée de Mercier

Industries polluantes

Selon des données du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, l’espérance de vie serait jusqu’à neuf ans inférieure dans certains secteurs de l’Est, lorsqu’on les compare à l’ouest de l’île de Montréal.

«Ce qu’on voit, en lien avec l’espérance de vie, c’est que même dans l’est, tous les quartiers ne sont pas égaux. Ça dépend beaucoup des quartiers», précise toutefois à Métro la Dr Sidonie Pénicaud, de la Direction régionale de la santé publique de Montréal. 

Lors d’une présentation publique tenue en mars dernier dans Montréal-Est, la DRSP a fait état d’une plus grande prévalence «la maladie pulmonaire chronique» et de l’asthme dans l’Est de l’île. Cette situation serait en partie attribuable à la présence de nombreuses entreprises polluantes.

«Il n’y a pas grand-chose qui se fait. Les entreprises affirment qu’elles respectent les normes environnementales québécoises, mais les normes sont trop faibles pour notre secteur», déplore le président du Comité de Vigilance environnementale de l’est de Montréal, Vincent Marchione. 

«Lorsqu’on installe une industrie lourde [dans l’Est de l’île], ce n’est plus la même la réalité qu’il y a 80 ans. Il y a plus de citoyens qui sont touchés.» -Vincent Marchione 

Appelée à réagir, l’Association industrielle de l’Est de l’île de Montréal assure que les industries du secteurs «respectent les normes qui concernent leurs activités».

«Il y a eu énormément d’efforts au cours des dernières années. […] Toutes sortes de systèmes ont été installés pour réduire les émissions de contaminants», affirme son président, Dimitri Tsingakis.

Données en temps réel

La pétition de Québec solidaire demande par ailleurs au gouvernement provincial d’effectuer «lui-même» la collecte de données de la qualité de l’air au lieu de demander aux entreprises de faire l’échantillonnage des polluants qu’elles émettent. Ces données seraient rendues publiques «en temps réel», réclame-t-on.

Interpellée par Métro, l’attachée de presse de la mairesse de Montréal, Geneviève Jutras, assure que la Ville «travaille à trouver des solutions concrètes pour améliorer la qualité de l’air dans ce secteur». 

La DRSP s’affaire d’ailleurs actuellement à mettre à jour ses données sur les impacts de la qualité de l’air sur la santé des résidents de ce secteur. Un nouvel avis sur la qualité de l’air dans le secteur entourant l’entreprise de cuivre CCR, située dans Montréal-Est, est d’ailleurs prévu pour 2020.

L’hiver dernier, Ensemble Montréal a d’ailleurs déposé une motion à la Ville pour réclamer une mise à jour des études sur la qualité de l’air dans l’est de l »île.

Au moment de mettre en ligne, le ministère de l’Environnement du Québec n’avait pas encore répondu aux questions de Métro.