Montréal

Une esplanade «Tranquille» pour le Quartier des spectacles

Une esplanade «Tranquille» pour le Quartier des spectacles
Photo: Josie Desmarais/MétroL'esplanade Clark est attendue depuis 2012. Elle sera renommée «esplanade Tranquille».

La place publique en construction située à proximité de la rue Clark a finalement été baptisée l’esplanade «Tranquille», a annoncé mercredi la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Cette esplanade, située à l’ouest de la rue Clark, porte le nom de la rue depuis quelques années. La future place publique, actuellement en chantier, portera plutôt le nom d’un célèbre libraire.

«Cette esplanade va s’appeler l’esplanade Tranquille. Pourquoi? Il y avait avant une librairie Tranquille, qui rassemblait tous les gens, dont les artistes et les écrivains des années 1950 qui questionnaient la Grande noirceur», a déclaré Mme Plante lors d’une conférence de presse tenue dans un nouveau bâtiment de la rue Saint-Laurent surplombant le terrain en question.

Le toponyme choisi se veut en effet un hommage au libraire et écrivain Henri Tranquille, décédé en 2005. Ce dernier a ouvert dans les années 1930 la Librairie Tranquille, qui était située sur l’actuel terrain vague de 5000 mètres carrés.

C’est dans cette librairie qu’a été lancé en 1948 le Refus global. Ce manifeste, qui scandalise les autorités à l’époque, remettait notamment en question les valeurs traditionnelles, comme la foi catholique.

Le nom de l’esplanade se veut d’ailleurs un clin d’oeil à la Révolution tranquille.

«En quelque sorte, on peut dire que la Révolution tranquille a germé en ce lieu, qui bouillonnait de créativité et d’activités culturelles.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Photo d‘archive de Henri Tranquille dans sa bibliothèque de la rue Clark, en 1972. L‘endroit prendra le nom d‘esplanade Tranquille.
Photo d‘archive de Henri Tranquille dans sa bibliothèque de la rue Clark, en 1972.

Hommage

Mercredi, plusieurs libraires et écrivains, dont Anaïs Barbeau-Lavalette, ont livré à tour de rôle de vibrants hommages à M. Tranquille.

Dans cette période de Grande noirceur, le Montréalais s’est battu pour la liberté d’expression en disposant dans ses tablettes certains livres alors interdits par l’Église et l’État, dont certains ouvrages d’Émile Zola.

«Grâce à lui, les jeunes, dont mon grand-mère et ma grand-mère faisaient partie, allaient s’abreuver, pas seulement à des livres et à des mots, mais à des invitations au voyage», a déclaré Mme Barbeau-Lavalette, qui est notamment l’auteure du roman La femme qui fuit.

Concept final

La Ville a par ailleurs dévoilé des images du concept final de l’esplanade Tranquille, qui devrait être inaugurée le printemps prochain. En été, celle-ci comprendra un chalet multidisciplinaire où l’on pourra acheter de la nourriture et se divertir. Une vaste terrasse publique verdie pourra par ailleurs accueillir des concerts pendant la belle saison.

«Durant l’été, l’esplanade sera un endroit où on peut relaxer, se reposer. Il y aura des arbres, des endroits pour s’asseoir. Il y aura aussi de la place pour des festivals», a illustré Mme Plante.

Le site disposera par ailleurs de mobilier «ludique» amovible. La firme lauréate d’un concours lancé à la mi-août à cet effet «devrait être annoncée après les Fêtes», a indiqué Mme Plante.

En hiver, cette place publique se transformera en une immense patinoire extérieure.

«On veut s’assurer que le magnifique Quartier des spectacles soit vivant quatre saisons par année», a ajouté Mme Plante.

Le réaménagement de cette esplanade, dont la facture est évaluée à plusieurs dizaines de millions de dollars, est attendu depuis 2012. Lors du passage de Métro, mercredi, des pelles mécaniques et autres équipements de construction occupaient cette place enneigée.