Montréal
14:46 11 décembre 2019 | mise à jour le: 11 décembre 2019 à 16:46 temps de lecture: 4 minutes

Stationnement: Montréal lance l’Agence de mobilité durable pour «optimiser l’offre»

Stationnement: Montréal lance l’Agence de mobilité durable pour «optimiser l’offre»
Photo: Archives MétroLes agents de stationnement des 19 arrondissements doivent se rendre à Rosemont-La Petite Patrie matin et soir.

L’administration Plante lancera officiellement l’Agence de mobilité durable (AMD) au début janvier avec pour objectif de mieux gérer l’espace public sur les routes. Jusqu’ici assurée par Stationnement de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), la gestion du stationnement devait être mise au goût du jour, estime la Ville.

«Il faut comprendre qu’on est rendu ailleurs, a souligné mercredi le responsable de la mobilité, Éric Alan Caldwell. On est aujourd’hui dans un monde avec plusieurs données qui nous permettent de mieux planifier la mobilité et optimiser l’espace disponible.»

Les nouvelles formes de gestion «intelligente» du stationnement sont un bon exemple selon lui. La Ville estime que 70% des usagers utilisent aujourd’hui leur téléphone pour réserver leur espace.

En tout temps, l’objectif de l’AMD ne sera pas de «faire des revenus», mais bien de «faciliter la mobilité», ajoute-t-on.

Centralisation à venir

Tous les agents de stationnement montréalais relevaient jusqu’ici du SPVM. Ils opèrent d’une base centrale située dans Rosemont. Avec l’arrivée de l’Agence, tous ces employés seront bientôt intégrés au sein d’une même équipe.

C’est donc dire que la police montréalaise perd aussi son autorité sur l’application du règlement sur le stationnement. L’administration Plante entend ainsi mieux répartir les ressources sur l’ensemble de l’île.

«Le simple fait que nos agents aient à se déplacer jusqu’à Pierrefonds ou Rivière-des-Prairies fait en sorte qu’il y a une perte de productivité. Il y a du temps perdu.» -Éric-Alan Caldwell, responsable de la mobilité

Aux yeux du président du conseil d’administration de l’Agence, Rémi Racine, Stationnement de Montréal était surtout «un organisme de collection qui ramassait des 25 sous». «Il y avait très peu d’avancement, note-t-il. On était quand même les mains liées. Notre rôle était restreint.»

Le fait de devenir une agence de la Ville donnera «beaucoup plus de pouvoir et d’influence» à ses équipes selon lui.

«Ce sera bénéfique pour tous les Montréalais. Après, c’est sûr qu’on va devoir s’adapter en modèles d’affaires pour réussir à obtenir des résultats au niveau de la mobilité.» -Rémi Racine, président du CA de l’AMD

De nouveaux rôles

La Ville confiera cinq mandats à la nouvelle agence dès ses débuts en 2020. L’organisme devra notamment «améliorer l’expérience des usagers du centre-ville» en marge du chantier de la rue Sainte-Catherine. Elle devra aussi développer une application indiquant «en temps réel» les places de stationnement disponibles.

«Les trottoirs débordent de piétons, ce qui nous force à enlever des places de stationnement tarifées sur Sainte-Catherine. Ce qu’on veut, c’est optimiser les espaces sur les pourtours de la rue», observe Éric-Alan Caldwell.

L’AMD devra aussi assurer un «meilleur accès» au centre-ville pour les véhicules en libre-service (VLS), dont les voitures de Communauto et Car2go. Elle envisage d’autoriser ces entreprises à stationner leurs véhicules dans des zones payantes.

Montréal honorera enfin sa promesse d’entamer une «modulation tarifaire» du stationnement «en fonction de la demande» par secteur. «Il faut qu’on ait l’agilité requise pour favoriser l’accès» en diminuant ou en augmentant les tarifs, dit M. Caldwell. L’élu appelle toutefois «à le faire intelligemment, avec une juste utilisation des données». «L’idée d’ajuster les tarifs devient efficace lorsqu’on sait vraiment en informer les citoyens pour qu’ils puissent ajuster leurs déplacements en fonction des prix», lâche-t-il.

Du soutien supplémentaire sera aussi offert aux agents de stationnement, alors que l’AMD étudiera la pertinence du paiement par plaque d’immatriculation. Une technique déjà utilisée dans plusieurs métropoles à travers le monde.

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