Montréal
14:06 14 janvier 2020 | mise à jour le: 14 janvier 2020 à 14:06 temps de lecture: 3 minutes

Objectif zéro déchet: les restaurants craignent des répercussions financières

Objectif zéro déchet: les restaurants craignent des répercussions financières
Photo: istock

L’Association Restauration Québec (ARQ) craint que les restaurants ne subissent les répercussions financières et environnementales de l’éventuel bannissement du plastique à usage unique, alors que la Ville de Montréal tient une consultation publique sur sa cible de zéro déchet.

Dans son mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique sur le Plan de gestion des matières résiduelles 2020-2025 de la Ville, l’ARQ a analysé les conséquences qu’aurait le bannissement des produits en plastique à usage unique sur les restaurateurs montréalais.

On y soulève notamment que si les restaurants devaient opter pour des assiettes, gobelets et ustensiles compostables pour atteindre le zéro déchet, cela équivaudrait à une augmentation de 3,9% de leurs dépenses pour chaque facture de 15$. Cette situation est attribuable au fait que les produits compostables actuellement offerts sur le marché sont beaucoup plus dispendieux que leurs équivalents en plastique à usage unique.

Or, «les marges bénéficiaires» des restaurateurs québécois «gravitent autour de 4% depuis des années», souligne le mémoire.

«Ce serait une augmentation beaucoup plus élevée que ce que le consommateur est prêt à payer, donc on craint que les restaurateurs ne doivent assumer les répercussions de cette mesure-là», soulève à Métro le responsable des communications à l’ARQ, Martin Vézina.

Des produits de rechange difficiles à traiter

Le traitement de ces produits compostables dans les centres qui les accueillent pose aussi problème, soulève Éco Entreprises Québec. 

«[Ces produits] ne sont malheureusement pas compostables dans les centres de compostage actuels. Ils se retrouvent donc à l’enfouissement», explique sa porte-parole, Yourianne Plante. 

L’an dernier, la mairesse de Montréal a pris l’engagement d’appliquer dès le printemps 2020 une politique qui réduira l’utilisation des contenants en styromousse et ceux en plastique à usage unique. Le gouvernement fédéral, pour sa part, entend interdire ceux-ci dès 2021.

 «Il faut qu’on trouve des alternatives [au plastique à usage unique] aussi intéressantes sur le plan financier qu’environnemental.» -Martin Vézina, responsable des communications à l’ARQ

Impact environnemental

Des restaurateurs pourraient alors opter pour des produits en plastique biodégradable ou oxodégradable. Les membres de l’ARQ ont d’ailleurs acheté l’an dernier près de 400 000 pailles composées de ce type de matériel, dont le coût d’achat est semblable à l’alternative à usage unique.

Or, ces plastiques sont «largement honnis par les groupes environnementaux ainsi que les organismes de récupération et de recyclage, puisque ces matières se dégradent inévitablement en microplastiques dommageables et impossibles à reconstituer en matériaux utilisables», soulève l’ARQ. 

L’ARQ demande ainsi que la Ville mandate un organisme pour trouver des alternatives «viables» au plastique à usage unique. Un mandat qui pourrait être confié à Éco Entreprises Québec, selon l’association.

«C’est une réflexion qui doit se faire avec tous les acteurs du système. On prône beaucoup que les entreprises optent pour des emballages recyclés et recyclables», souligne Mme Plante. 

La consultation publique de la Ville, en cours depuis la semaine dernière, prendra fin le 22 janvier.

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