Montréal
17:09 21 janvier 2020 | mise à jour le: 21 janvier 2020 à 17:41 temps de lecture: 4 minutes

Locaux vacants: la Chambre de commerce veut plus de places de stationnement à Montréal

Locaux vacants: la Chambre de commerce veut plus de places de stationnement à Montréal
Photo: Marc-André Carignan

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) presse la Ville d’offrir plus de places de stationnement sur les artères commerciales afin de réduire le nombre de locaux vacants sur celles-ci.

«Quand on parle d’achalandage, il faut reconnaître que beaucoup des clients qu’on va attirer [vers les commerces] vont venir en voiture», souligne à Métro le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc. 

Ce dernier a pris part mardi après-midi à la dernière séance d’audience des mémoires dans le cadre de la consultation publique de la Ville sur les locaux commerciaux vacants, qui a attiré de nombreux organismes communautaires et représentants du milieu des affaires. Selon des données de la Ville, le taux de vacance moyen des commerces sur les artères de la métropole s’élevait à 15% en juillet dernier. Ce pourcentage grimpe à 26% sur les rues Saint-Denis et Sainte-Catherine Est. 

Le rôle du stationnement

Un sondage de la firme Segma recherche réalisé en automne dernier souligne que le manque de disponibilité de places de stationnement est le principal facteur nuisant à la dynamique commerciale selon les 261 commerces sondés. Cet enjeu ressort d’ailleurs devant celui des loyers commerciaux trop élevés et du manque d’accès aux commerces en transport en commun.

«Quand on parle d’achalandage, il faut reconnaître que beaucoup des clients qu’on va attirer [vers les commerces] vont venir en voiture», souligne M. Leblanc. Dans un mémoire d’une quinzaine de pages, la CCMM mentionne d’ailleurs que le manque de places de stationnement sur les artères commerciales pourrait inciter des Montréalais à aller magasiner en banlieue. 

«La facilité pour certains clients de trouver un espace de stationnement rapidement et à proximité de leur destination fait donc partie des critères qui mènent à la décision de se déplacer vers une zone commerciale ou une autre», souligne le mémoire.

Afin de remédier à cette situation, M. Leblanc propose à la Ville d’aménager plus de stationnements étagés. Elle pourrait ainsi continuer de retirer des places sur rue pour faciliter l’aménagement de pistes cyclables ou de places publiques tout en répondant aux besoins des commerces, souligne-t-il.

Fardeau fiscal

La CCMM s’oppose vivement à la possibilité que la Ville impose une taxe d’inoccupation aux propriétaires de locaux commerciaux vacants. Dans son mémoire, elle affirme qu’il s’agirait d’un «geste contreproductif».

«Si vous mettez une taxe, vous n’améliorez pas l’achalandage, vous n’allez pas faciliter la vie des commerçants autour et éventuellement, vous allez simplement accentuer un déplacement vers la périphérie», prévient M. Leblanc. 

«Ce qui va arriver, c’est que la production va aller en périphérie où ça coûte moins cher», soulève pour sa part le président de l’Institut de développement urbain, André Boisclair.

Michel Leblanc presse plutôt la Ville de réduire le fardeau fiscal des commerçants, qui demeure l’un des plus élevés au pays. En contrepartie, la Ville pourrait se tourner vers des mesures écofiscales, comme la tarification de l’eau. Elle pourrait aussi augmenter la charge fiscale des résidents, laisse-t-il tomber.

Allègement fiscal

Dans son dernier budget, la Ville a mis en place un allègement fiscal de 12,5% sur la première tranche d’évaluation foncière de 625 000$ des commerces. Elle a par ailleurs limité la hausse moyenne de leurs taxes à 1,5%, soit sous le niveau de l’inflation.

«Sur la fiscalité, vous savez qu’il y a eu certaines actions et la Ville veut aller dans ce sens-là pour essayer de réduire l’écart du résidentiel avec les commerces. Certains vont dire que ça ne vas pas assez vite, mais il y a quand même des initiatives prises en ce sens», a pour sa part souligné le président de la Commission sur le développement économique de la Ville, Richard Ryan. 

En tout, une cinquantaine de mémoires ont été déposés dans le cadre de cette consultation, qui a fait l’objet d’une première séance d’information le 10 décembre. Dans les prochaines semaines, la commission permanente devra remettre ses recommandations à la Ville afin que celle-ci puisse s’attaquer au phénomène des locaux commerciaux vacants.

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