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16:54 25 novembre 2019 | mise à jour le: 25 novembre 2019 à 23:30 temps de lecture: 3 minutes

Un budget 2020 qui frappe à nouveau les locataires montréalais

Un budget 2020 qui frappe à nouveau les locataires montréalais
Photo: Gracieuseté

Le tout nouveau budget municipal de la Ville de Montréal ne met pas à l’abris les locataires, au contraire. Les immeubles de six logements et plus verront leur compte de taxes augmenter d’en moyenne 4,5% en 2020, ce qui aura des répercussions sur les locataires, observe une experte.

À Montréal, ce sont les propriétaires de ce type de bâtiment qui verront leurs dépenses fiscales grimper le plus. Ceux qui possèdent une maison unifamiliale ou un «multiplex» – soit un immeuble de deux à cinq appartements – verront leur charge fiscale augmenter de près de 2% par rapport à 2019.

C’est la troisième année de suite à Montréal que le taux de variation moyen de la charge fiscale dépasse les 4% dans les immeubles de six appartements et plus. Ces augmentations sont toutes survenues sous l’administration de la mairesse Valérie Plante.

«Refilées aux locataires»

Selon la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, le budget 2020 de la Ville aura à nouveau un impact sur les locataires.

«Ces hausses de taxes foncières vont être refilées aux locataires, convient Mme Laflamme en entrevue avec Métro. Et ceux-ci font déjà face à des hausses de loyer qui découlent de la pénurie de logements à Montréal.»

Montréal fait face, comme plusieurs villes du Québec, à une importante «crise du logement». Selon Mme Laflamme, une nouvelle hausse de taxes résidentielles pourrait même mener à de nouvelles «rénovictions».

La porte-parole du FRAPRU tient toutefois à rappeler que les variations de taxes n’iront pas creuser directement dans le portefeuille des locataires. «Il ne faut pas que les locataires pensent que cette hausse-là s’applique directement à eux», relativise-t-elle.

En conférence de presse lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé «qu’il y a des choses qu’on peut faire et des choses qu’on ne peut pas».

«Pour l’instant, le taux général pour les immeubles de six et plus, on peut le monter, mais pas le baisser. Nous avons commencé à discuter avec Québec pour avoir plus de pouvoir», a-t-elle affirmé.

Revoir la fiscalité municipale

Quelques jours après l’adoption d’un nouveau pacte fiscal entre Québec et les municipalités, Véronique Laflamme continue de croire que les Villes doivent réviser leur mode de financement.

«[Ces augmentations] reflètent la dépendance de la Ville aux taxes foncières pour renflouer les coffres des finances publiques», signale-t-elle.

«Il n’y a pas 10 000 solutions: il faut revoir le financement des municipalités pour les soustraire à cette dépendance» – Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Qui a gagné, qui a perdu?

Les gagnants de ce nouveau budget sont sans doute les propriétaires de condominiums. Leur taux de taxation reste pratiquement gelé par rapport à 2019.

Les grands perdants se retrouvent dans les arrondissements de Verdun, de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et du Plateau-Mont-Royal. Cette année, ces propriétaires devront tous payer environ 3% en taxes de plus qu’en 2019.

Au contraire des propriétaires résidentiels, les commerçants bénéficieront d’une augmentation moyenne inférieure à l’inflation, soit 1,5%.

– Avec la collaboration de Henri Ouellette-Vézina

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