Montréal
10:50 4 février 2020 | mise à jour le: 4 février 2020 à 13:44

Le mouvement étudiant prépare une nouvelle grève climatique au Québec

Le mouvement étudiant prépare une nouvelle grève climatique au Québec
Photo: Josie Desmarais/MétroLes membres de la nouvelle Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) font un nouvel appel à la grève pour le climat.

Trois organismes s’unissent pour créer la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), qui exigera entre autres la mise sur pied d’un Plan national d’urgence pour la justice climatique. Le groupe lance un nouvel appel à la grève pour le climat, du 30 mars au 3 avril prochain, partout au Québec.

«On ne peut plus juste se contenter de faire des pétitions. Jusqu’à maintenant, notre message n’est pas pris au sérieux», a martelé l’une des porte-paroles de la nouvelle coalition et étudiante à l’Université de Sherbrooke, Andréanne Désormeaux, lors d’une conférence de presse à l’UQAM, mardi.

Selon elle, ce nouvel appel à la grève forcera les gouvernements à écouter les préoccupations de la jeunesse engagée. «Il faut établir un rapport de force. La grève ne brimera pas notre éducation, mais la crise climatique brimera notre avenir», ajoute-t-elle.

Au-delà de la grève, la CEVES tiendra plusieurs autres activités pendant la semaine du 30 mars, qu’elle nomme la «Semaine de la transition». Le groupe promet «d’augmenter ses moyens de pression» si elle n’obtient pas d’engagements formels des gouvernements d’ici là. Ses membres déplorent que des projets comme GNL Québec, Trans Mountain ou encore le troisième lien, soient encore actifs.

«Il y a très peu de mesures qui sont prises par nos gouvernements pour nous faciliter la tâche. Année après année, le GIEC sort un rapport de plus en plus alarmant. Mais les émissions de gaz à effets de serre ne cessent d’augmenter.» -Anaïs Gousse, porte-parole de la CEVES au niveau secondaire

L’étudiante au Collège François-de-Laval s’est dite profondément inquiète de l’avenir, devant l’«hypocrisie des gouvernements actuels».

«Je vous avoue que j’ai peur, dit-elle. En observant cette régression, j’angoisse. Je ne suis pas la seule à passer mes nuits à stresser, pleurer, paniquer. C’est un sentiment envahissant.»

Encore plus pour la grève climatique

Formée des organismes Pour le futur Montréal et Québec, du groupe Devoir Environnement Collectif (DEC) et du collectif La Planète s’invite à l’Université, la CEVES réunira des jeunes du secondaire à l’université. Le regroupement plaide que les gouvernements n’ont posé aucune «action concrète» depuis la Marche pour le climat du 27 septembre dernier à Montréal, qui avait rassemblé des centaines de milliers de personnes.

«Nous n’allons pas arrêter tant que des politiques radicales et courageuses ne seront pas mises en place.» – Ashley Torres, du collectif La Planète s’invite à l’Université.

Originaire de Joliette, l’étudiante Maya Labrosse abonde dans le même sens. Elle plaide pour une transition autant locale que nationale. «En régions, la réalité de la mobilité est différente. Le phénomène de l’étalement urbain oblige quotidiennement des citoyens à se déplacer sur de longues distances. Ça créé une dépendance à l’automobile», a-t-elle observé.

En plus d’un Plan national pour le climat, la CEVES exige des gouvernements l’adoption de «cibles annuelles» de réduction des GES qui forceront l’atteinte de la carboneutralité en 2030. Le groupe étudiant souhaite aussi adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et mettre fin à tout projet d’exploration d’hydrocarbures.

La CEVES se dit également en faveur de la Stratégie québécoise d’éducation en matière d’environnement et d’écocitoyenneté.

«Ce sera l’année de l’environnement», dit Québec

Joint par Métro, l’attaché de presse au ministère de l’Environnement, Louis-Julien Dufresne, dit comprendre «l’importance qu’a l’environnement pour nos jeunes».

«Nous saluons leur mobilisation. On l’a dit plusieurs fois: ce sera l’année de l’environnement. Nous sommes déjà en action et nous avons posé un premier geste concret avec l’élargissement de la consigne.» -Louis-Julien Dufresne, porte-parole du ministre Benoit Charette

D’autres mesures «structurantes» seront d’ailleurs bientôt annoncées selon lui. Le Plan d’électrification et de changements climatiques sera notamment dévoilé dans les prochaines semaines.

«Évidemment, nous n’encouragerons personne à manquer l’école», précise toutefois M. Dufresne.

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