Côte-des-Neiges & NDG
15:07 14 février 2020 | mise à jour le: 15 février 2020 à 12:20

Harcèlement: Plante prête à payer le «prix politique» dans le dossier Sue Montgomery

Harcèlement: Plante prête à payer le «prix politique» dans le dossier Sue Montgomery
Photo: Josie Desmarais/MétroLa mairesse de Montréal, Valérie Plante

Malgré l’adversité, Valérie Plante se dit en paix avec soi-même dans le dossier du harcèlement allégué au cabinet de Sue Montgomery, quitte à en payer le prix politique. Son administration déplore que le manque de collaboration de la mairesse d’arrondissement envoie un message «très particulier» et «contre-productif» à l’ensemble de la fonction publique.

«Peut-être que j’en paie un prix politique, mais je suis en paix avec moi-même. Jamais je ne vais compromettre le travail qu’on fait avec les fonctionnaires. Un milieu de travail sain, c’est fondamental», a martelé la mairesse Plante, lors d’une mêlée de presse vendredi.

Elle réagissait au dépôt d’une plainte, par le contrôleur général, à la Commission municipale du Québec (CMQ) pour enquêter sur la «non-intervention» de Sue Montgomery dans ce dossier.

«Mme Montgomery a eu la chance d’avoir le contenu de ce rapport, quoiqu’elle en dise. Elle a été rencontrée par le contrôleur général à deux reprises. Mais elle refuse d’appliquer les recommandations. Ça envoie un message très particulier à la fonction publique et au personnel politique. C’est contre productif», a insisté la chef de Projet Montréal.

Le clan Sue Montgomery réfute

Sa version des faits contraste durement avec celle de l’avocat de Sue Montgomery, Me Éric Oliver. Ce dernier a bien l’intention de contester la plainte remise à la CMQ une fois l’enquête terminée. Selon lui, la Ville n’a fourni aucun élément de preuve tangible.

«À ce jour, on ne nous a pas encore donné le rapport complet. Ni d’exemples concrets de ce qui est reproché. On a même dit à ma cliente de s’adresser à la Commission d’accès à l’information pour ce genre d’informations.» – Me Éric Oliver, avocat de Sue Montgomery

L’avocat invite par ailleurs la Ville à se tourner vers les bonnes instances pour les bons enjeux, si elle est bien intentionnée.

«Ils refusent de soumettre leurs allégations à l’examen du tribunal compétent, soit le Tribunal administratif du travail», ajoute-t-il.

À ce sujet, Valérie Plante a redirigé toutes les questions vers le contrôleur général. «On l’a appris en même temps que tout le monde. C’est une instance indépendante», illustre-t-elle.

Des critères à revoir pour Valérie Plante?

Pour la mairesse Plante, l’essentiel est que l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce – dirigé par Sue Montgomery – «ne tourne pas rond à cause du climat de travail».

«C’est absolument déplorable. Je ne pouvais pas accepter que tout soit paralysé par une personne que Mme Montgomery a décidé de protéger. Pour des raisons que j’ignore», a ajouté Mme Plante.

Questionnée à savoir si elle réévaluera les critères de sélection des élus de son caucus – Sue Montgomery est la seconde mairesse d’arrondissement à en être expulsée après Giuliana Fumagalli en juillet 2019 – Valérie Plante s’est faite prudente.

«Pendant longtemps, il y a des politiciens qui ont décidé de cacher des manquements ou d’essayer d’éviter des questions difficiles par peur de payer un prix politique. Moi, j’ai décidé que je ne faisais pas partie de cette école-là.» – Valérie Plante, mairesse de Montréal

Si d’autres élus du caucus de Projet Montréal se retrouvaient dans la même situation, Mme Plante affirme qu’elle referait exactement pareil.

«Je ne pourrai jamais cautionner ça», insiste la mairesse.

Un processus de longue date

Le climat de travail «malsain» à l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce faisait l’objet d’une enquête depuis septembre dernier.

C’est la directrice de cabinet, Annalisa Harris, qui aurait commis du harcèlement psychologique envers deux employés.

Le contrôleur général de la Ville, Me Alain Bond, a conclu «qu’il y a eu des comportements graves assimilables à du harcèlement psychologique». Contestant la validité de ces conclusions, Sue Montgomery avait toutefois refusé d’appliquer les recommandations de Me Bond.

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