Montréal
18:45 19 février 2020 | mise à jour le: 19 février 2020 à 18:51 temps de lecture: 3 minutes

Mort de Pierre Coriolan: des relents du cas Magloire, évoque le coroner

Mort de Pierre Coriolan: des relents du cas Magloire, évoque le coroner
Photo: Archives | Métro

«Un des premiers principes qu’on enseigne, c’est de ne pas monter le ton face à une personne en crise.» Le coroner Luc Malouin a longuement questionné mercredi l’un des policiers qui a ouvert le feu sur Pierre Coriolan, le 27 juin 2017, alors que l’homme de 58 ans vivait un épisode de détresse.

Sans y faire allusion littéralement, l’interrogatoire de Me Malouin rappelait par moment les circonstances de la mort d’Alain Magloire, sur laquelle il avait fait rapport en 2016. En 2014, M. Magloire, un homme noir en état de crise, était mort écrasé par une auto-patrouille du SPVM.

À la remise du rapport du coroner, Me Malouin avait alors exigé du ministère de la Sécurité publique qu’il revoit les formations en intervention policière auprès de personnes atteintes de problèmes de santé mentale.

Situation de crise

En juin 2017, le sergent Jimmy-Carl Michon du SPVM était en première ligne de l’intervention qui a mené à la mort de Pierre Coriolan. Il est venu témoigner devant le coroner, mercredi.

Il s’est rappelé les «cris de rage» de M. Coriolan. Plus tôt cette semaine, on avait appris que la victime était intoxiqué à la cocaïne dans les moments précédent sa mort.

Or, malgré l’état de la victime, aucun des six policiers qui ont participé à l’intervention n’avait suivi la formation Réponse en intervention de crise (RIC) du SPVM, a admis l’agent lorsque interrogé par les avocats de la famille.

Le sergent Michon a relaté mercredi tous ses faits et gestes de son équipe le soir de l’intervention. Il se rappelle avoir «ordonné» à M. Coriolan de lâcher son couteau lorsqu’il est arrivé à sa porte. C’est alors que ce dernier se serait cambré, menaçant de charger les policiers, a expliqué M. Michon.

Le coroner a tenu à insister sur la manière d’interpeller M. Coriolan cette soirée-là. M. Michon lui avait-il crié ou ordonné de déposer son couteau? La seconde option, a maintenu le policier.

Reconstruction

Après un premier tir de «Taser» raté de son collègue et un tir de balle de plastique qui n’a «pas fait broncher» Pierre Coriolan, l’agent a ouvert le feu deux fois, a-t-il raconté. Rien ne permet encore de dire si c’est M. Michon ou son collègue Simon Chrétien qui a tiré la balle fatale dans l’abdomen de Pierre Coriolan.

Après être tombée sur le ventre, la victime a tenté de se relever, sans succès, s’est remémoré M. Michon. «Sous le stress, j’ai dit que ça allait prendre une autre shot», a-t-il ajouté mercredi, au Palais de justice de Montréal.

Après un deuxième tir de balle de plastique, Pierre Coriolan a été touché par une arme à impulsion électrique. Les ambulanciers ont constaté son décès à l’intérieur de leur véhicule.

En 2016, Me Malouin avait recommandé au SPVM de se doter d’un plus grand nombre d’armes à impulsion électrique. Le soir de la mort de M. Coriolan, un seul tir de «Taser» a connecté. Il avait déjà reçu trois balles au corps.

Un immeuble connu

Pierre Coriolan n’était pas connu des policiers, selon le sergent Michon. Cependant, l’immeuble qu’il habitait, rue Robillard, l’était.

«C’était un immeuble connu dans le secteur pour le trafic de stupéfiant», a signalé le policier.

Les audiences devant le Bureau du coroner doivent se poursuivre au moins jusqu’en fin de semaine prochaine.

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