Montréal
05:00 19 mars 2020 | mise à jour le: 18 mars 2020 à 23:49 temps de lecture: 3 minutes

Coronavirus: la Cour municipale «inflexible» face à ses employés

Coronavirus: la Cour municipale «inflexible» face à ses employés
Photo: Josie DesmaraisLe «chef-lieu» de la Cour municipale de Montréal

Après les cols blancs de Montréal, des employés de la Cour municipale de Montréal subirait aussi l’«inflexibilité» de leur employeur. Ils craignent des mesures insuffisantes pour prévenir la transmission du coronavirus dans le «chef lieu» basé au centre-ville.

Mardi, la mairesse de Montréal Valérie Plante annonçait la mise en place de «mesures exceptionnelles» à la Cour municipale. Les points de service seront principalement fermés et le comptoir de service à la clientèle limité, pendant la mise en place des mesures d’urgence.

Dans les salles d’audiences, toutefois, les causes demeurent entendues. Les avocats poursuivent d’ailleurs leur travail, affirme Perrine*, qui a préféré taire son nom de famille.

Étant donné leur statut de «travailleurs essentiels», plusieurs employés du tribunal montréalais, comme les greffiers, sont obligés de poursuivre leur travail aux bureaux centraux de la Cour, rue Gosford. Tout cela sans possibilité de télétravail.

«Cette semaine, ça reste tel quel. Les employés sont obligés de se présenter. Ça expose ces gens-là à prendre le métro, se présenter», énumère Perrine.

L’employée constate une frustration chez ses collègues qui ont l’impression, dit-elle, de violer les consignes de confinement du gouvernement provincial.

«Un dossier de cour, ça passe de mains en mains. Pourquoi dont-on être présents quand la consigne c’est d’éviter le rassemblement?» lance-t-elle.

«On essaie de se protéger, de protéger nos familles. Mais chez les employeurs, il y a comme un climat à la défensive.» – Perrine, employée de la Cour municipale

«Je ne pense pas qu’ils étaient prêts»

Malgré des demandes pour faire du télétravail, «il n’y a aucune flexibilité» chez les gestionnaires de la Ville, dénonce Perrine.

«Si tu demandes de faire du télétravail, la réponse, c’est : sans soldes. Tu prends tes vacances», s’insurge Perrine.

Selon l’employée municipale, les solutions sont pourtant disponibles. Un collègue a par exemple proposé de tenir toutes les audiences «par vidéo-comparution», remarque-t-elle.

«On a demandé que la Ville nous aide à éviter le transport en commun. On veut plus de précautions, plus d’écoute», ajoute Perrine.

Cette situation fait écho à celle des cols blancs de Montréal, dont une d’entre eux a confié hier à Métro son inquiétude quant aux mesures de prévention de la Ville.

La Ville dit y travailler

Rejoint par Métro, le relationniste de la Ville de Montréal, Gonzalo Nunez, assure que la Ville est à pied d’oeuvre pour répondre aux inquiétudes de ses employés.

«Tous les efforts sont déployés afin de favoriser le télétravail pour les fonctions qui s’y prêtent. Nous évaluons avec diligence toute demande en ce sens et favorisons ce mode de prestation de travail», a-t-il écrit dans un courriel.

Tout ne permet toutefois pas le télétravail, convient M. Nunez. «Certaines limitations technologiques empêchent l’accès à certaines plateformes informatiques», ajoute-t-il.

Au chef lieu, la Cour a mis en place «plusieurs mesures serrées» pour maintenir la santé de ses travailleurs, soutien le porte-parole.

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