Montréal
14:55 27 mars 2020 | mise à jour le: 10 avril 2020 à 15:09 temps de lecture: 3 minutes

Urgences-santé: «C’est le calme avant la tempête»

Urgences-santé: «C’est le calme avant la tempête»
Photo: Josie Desmarais/MétroC’est une recommandation ministérielle émise par la Direction médicale nationale des services préhospitaliers d’urgence qui aurait poussé Urgences-santé à prendre cette décision.

Depuis le début de la crise du coronavirus, Urgences-Santé a reçu environ 10% moins d’appels qu’à la normale. Mais le recours aux services ambulanciers risque de bondir en raison de la progression rapide du coronavirus à Montréal.

« Pour le moment, la situation se déroule généralement bien. Une des principales raisons qui l’explique est que la population écoute les consignes du gouvernement et les gens restent à la maison », résume Catherine Domingue, conseillère en communication à Urgences-Santé.

En mars 2020, le service ambulancier a reçu 12% moins d’appels qu’à la même période en 2019.

« Les gens se déplacent moins, ils restent dans leur environnement et risquent donc moins de se blesser. C’est principalement durant la journée que le nombre d’appels a diminué, parce qu’il y a moins de travailleurs en ville », explique Mathieu Campbell, paramédic auprès d’Urgences-Santé.

De même, il est également possible, selon lui, que les gens y pensent davantage avant de faire appel au 911. Néanmoins, la diminution ne devrait être que temporaire.

« C’est le calme avant la tempête, prédit M. Campbell. Avec le nombre de cas qui augmente en flèche, on sait que ça va empirer. La condition des patients, qui testent positifs présentement, risque aussi de se dégrader au fil des jours. »

Des défis pour le personnel

Deux paramédics d'Urgences-Santé.
Des paramédics avec leur équipement de protection individuelle. Depuis le 1er mars, Urgences-Santé a eu 857 appels pour des cas suspectés de la COVID-19.

Actuellement, 81 paramédics sont eux-mêmes en quarantaine. « La majorité est faite de personnes de retour de voyage, ou dans une autre situation semblable », révèle M. Campbell. Néanmoins, l’un a été testé positif au coronavirus et est présentement dans un état stable à la maison.

L’idée d’être eux-mêmes contaminés préoccupe évidemment les membres de l’équipe d’Urgences-Santé. « On a des craintes par rapport à ça, par rapport à nos collègues, à nos familles. Ça nous inquiète, mais on prend les précautions nécessaires », assure M. Campbell.

« L’important est aussi de prendre soin de nous. Comme n’importe quel autre intervenant, il faut prendre soin de nous-mêmes pour qu’on puisse s’occuper des autres par la suite. » – Mathieu Campbell, paramédic auprès d’Urgences-Santé.

Le défi selon lui est surtout d’éviter la contamination croisée en décontaminant bien l’équipement et en posant davantage de questions avant une intervention.

Pour les patients qui pourraient potentiellement être atteints de la COVID-19, ou qui ont des symptômes s’apparentant, les paramédics se revêtissent d’un équipement de protection avant d’intervenir. Cela comprend notamment une jaquette, un masque réutilisable avec des filtres remplaçables, une visière, ainsi que des gants. Un équipement qui peut prendre quelques minutes à enfiler.

« C’est sûr que ça peut être impressionnant pour les patients de nous voir arriver habiller de cette façon, mais ça nous permet de nous protéger et d’éviter de propager la maladie nous-mêmes. Ça prend plus de temps, mais c’est pour la sécurité de tout le monde », conclut M. Campbell.

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