Montréal
17:00 7 avril 2020 | mise à jour le: 7 avril 2020 à 17:12

Événements annulés: des répercussions économiques majeures à Montréal

Événements annulés: des répercussions économiques majeures à Montréal
Photo: IStock PhotosDes événements majeurs, comme le Festival de Jazz de Montréal, attirent chaque été des milliers de touristes au coeur de la métropole.

Afin de limiter la propagation du coronavirus, la Ville de Montréal a décidé d’annuler tous les festivals, rassemblements publics et événements sportifs jusqu’au 2 juillet. Une situation inévitable en raison de la crise du coronavirus qui risque toutefois d’affecter grandement l’économie de la métropole.

Déjà, dans les derniers jours, le Festival international de Jazz de Montréal (FIJM) et les Francos ont annoncé l’annulation de leurs concerts, qui devaient avoir lieu en juin. Le Grand Prix de Formule 1 du Canada, qui devait se tenir du 12 au 14 juin à Montréal, est pour sa part reporté à l’automne.

«La Formule 1, c’est vraiment l’événement qui lance la saison touristique à Montréal. Ça attire près d’un demi-million de personnes au centre-ville», évoque le directeur général de la SDC Destination centre-ville, Émile Roux. Ce dernier appréhende des impacts majeurs sur les commerces situés au coeur de la métropole. 

«C’est sûr que ça va être une crise sans précédent», laisse-t-il tomber.

100 M$

À lui seul, le Grand Prix génère annuellement des retombées économiques de plus d’environ 42 M$. Mis ensemble, le FIJM et les Francos permettent pour leur part d’injecter 58 M$ dans l’économie montréalaise annuellement.

«Ça fait plus de 100 M$ de richesses qui viennent de disparaître», laisse tomber le président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux, Martin Roy. 

La Fête nationale et le Fête du Canada auront également lieu de façon beaucoup plus sobre cette année.

«La Fête nationale comme telle aura lieu, mais les célébrations n’auront pas lieu», résume M. Roy. 

Ce dernier presse d’ailleurs le gouvernement du Québec d’offrir un soutien financier aux organisateurs d’événements qui ont dû annuler ceux-ci en raison de la crise du coronavirus.

«Ce n’est pas une décision facile, car Montréal vit au rythme de ses événements estivaux. Nous serons là pour accompagner nos partenaires», a pour sa part assuré mardi sur les réseaux sociaux la mairesse de Montréal, Valérie Plante. 

«C’est sûr que pour les commerces du centre-ville, il y aura un avant et un après COVID-19.» -Émile Roux, directeur général de Destination Centre-ville 

Une saison estivale retardée

En imposant l’annulation de ces rassemblements, la Ville entend respecter les directives de la santé publique en matière de distanciation sociale. C’est d’ailleurs à cette même fin que le Service de police de la Ville de Montréal a intensifié ses efforts dans les derniers jours pour réprimer les rassemblements dans les lieux publics et privés de la métropole qui impliquent des personnes qui ne sont pas de la même famille.

Mardi, avant l’annonce de la Ville, le festival Montréal Complètement cirque a aussi l’annulation de son édition 2020, qui devait avoir lieu du 2 au 12 juillet. Le festival Juste pour rire pourrait pour sa part avoir lieu à l’automne.

À Tourisme Montréal, on se montre confiant que plusieurs événements pourraient réussir avec succès à être reportés plus tard dans l’année.

«Ils n’auront peut-être pas lieu dans la même formule. Mais nous sommes connus à Montréal pour être très créatifs, donc la possibilité de voir ces festivals dans une autre forme, ça pourrait être envisageable», estime la vice-présidente au développement de la destination et aux affaires publiques de l’organisme, Manuela Goya. 

«On pourrait avoir une mini-saison estivale au mois de septembre», illustre-t-elle. 

Émile Roux prévient toutefois que les spectateurs pourraient ne pas être au rendez-vous en aussi grand nombre à ces événements.

«Il faudra adapter l’offre touristique à une clientèle qui va faire beaucoup plus attention aux rassemblements», estime-t-il. Un constat que partage Martin Roy.

«Est-ce que les Québécois, après ce confinement, vont avoir envie de sortir? C’est une option. C’est aussi possible qu’ils aient peur des rassemblements, ce qui pourrait reporter le retour à la normalité», souligne-t-il. 

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