Montréal
11:13 16 avril 2020 | mise à jour le: 20 avril 2020 à 10:23

Environ 5,4% des logements «disponibles» à Montréal, selon la CORPIQ

Environ 5,4% des logements «disponibles» à Montréal, selon la CORPIQ
Photo: Josie Desmarais/MétroDes logements sur le Plateau-Mont-Royal

Près de 5,4% des logements étaient «disponibles» après la première semaine d’avril à Montréal, où le taux d’inoccupation est stable à 1,5% malgré le coronavirus. C’est du moins ce conclut un nouveau sondage de la Corporation des propriétaires immobiliers (CORPIQ), dont la validité est toutefois remise en cause par plusieurs, alors que de nouvelles données fédérales doivent être publiées en mai.

«On ne connait pas encore tous les effets qu’aura la crise. Mais on sait que des logements vont se libérer, entre autres sur le marché touristique et dans les unités de fonction dont les entreprises n’ont plus besoin, ou dans des appartements d’étudiants, alors que leur session vient de se finir abruptement», explique à Métro le directeur aux affaires publiques de l’organisme, Hans Brouillette.

Selon les données de ce deuxième sondage – réalisé entre le 6 et le 8 avril auprès de 2000 propriétaires qui possèdent ensemble 50 000 logements, dont plus de 10 000 à Montréal – environ 3,7% des logements de la métropole se «libéreront sous peu, car le bail n’a pas été reconduit». En y additionnant un taux d’inoccupation estimé de 1,5% et un taux de cessation de bail de 0,2%, la CORPIQ conclut que 5,4% des logements sont encore disponibles.

«On pense que l’activité va progressivement commencer à reprendre, surtout avec la reprise de la construction lundi prochain. Ce qui est disponible maintenant va probablement se combler rapidement.» -Hans Brouillette, directeur aux affaires publiques de la CORPIQ

Des données fédérales en préparation

Pour l’organisatrice communautaire au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, «on ne peut pas vraiment se fier aux sondages de la CORPIQ» pour dresser des constats sur le marché du logement à Montréal. «Encore une fois, c’est leur échantillon. C’est très difficile de savoir ce qui en est derrière, même si on donne la méthodologie», tonne-t-elle.

Même son de cloche au Regroupement des comités logement et associations de locataires (RCLALQ), dont le porte-parole Maxime Roy-Allard est catégorique.

«Ce n’est pas vrai que 5,4% des logements inoccupés sont encore disponibles. Il y a toujours un jeu de chaise musicale, et ces logements-là sont immédiatement occupés bien souvent. Il faut prendre le sondage de la CORPIQ avec beaucoup de pincettes.» -Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ

Dans une lettre envoyée à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le FRAPRU somme Ottawa de publier «exceptionnellement» un nouveau rapport sur le marché locatif, dont la dernière mouture a été rendue publique en janvier. On y apprenait que le taux d’inoccupation à Montréal était de 1,5%, soit les mêmes chiffres qu’avance aujourd’hui la CORPIQ. Celle-ci précise toutefois que «ce ne sont pas nécessairement les mêmes logements qui sont vacants» aujourd’hui.

Appelée à réagir, la porte-parole de la SCHL, Audrey-Anne Coulombe, indique à Métro que «des travaux sont en cours» en vue de la publication d’un rapport traitant des répercussions de la COVID-19 sur les perspectives du marché de l’habitation au Canada. «Notre but serait de le sortir en mai, mais on n’a pas de date fixe encore. On veut prendre le temps de bien analyser la situation», lance-t-elle.

Et les déménagements?

Le RCLALQ travaille actuellement à produire de la documentation sur les déménagements, dans le cadre de l’interdiction des rassemblements. «Selon la loi, les gens n’auront plus le droit à une assistance pour déménager, sauf si celle-ci vit avec eux. Ça devient très problématique pour plusieurs», dit Maxime Roy-Allard.

Il ajoute qu’un taux d’inoccupation de 1,5% «est déjà extrêmement bas, surtout dans le contexte où la recherche de logement est pratiquement impossible».

«On s’inquiète depuis des mois pour les personnes qui n’auront pas les moyens de se payer les prix des logements vacants. On a très peur que les gens qui n’ont pas le gros bout du bâton vivent une discrimination accrue», conclut pour sa part Véronique Laflamme.

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