Montréal

La STM distribuera des masques à tous ses employés

24 heures Des usagers du transport collectif préconisent le port du masque.
Photo: Pablo Ortiz/Métro

Quatre jours après que le gouvernement du Québec l’ait officiellement recommandé, la Société de transport de Montréal (STM) procédera à l’acquisition et à la distribution de masques artisanaux et de «couvre-visages» pour tous ses employés. La distribution se fera toutefois sur une base volontaire. Aucune mesure n’est prévue jusqu’ici pour les usagers dans le métro et les bus.

«Deux exemplaires lavables seront offerts à tous les employés qui en font la demande, principalement pour leurs déplacements en transport collectif. Le port de cet accessoire demeure optionnel. Mais les membres du personnel sont invités à donner l’exemple», écrit la STM dans une note interne.

Son porte-parole, Philippe Déry, précise que «le port d’un couvre-visage est une mesure de protection additionnelle qui ne vient pas remplacer le lavage fréquent des mains», ni la distanciation sociale.

«L’administration municipale n’a pas les moyens de fournir un masque à tous les citoyens. Des mesures spécifiques seront plutôt prévues pour les clientèles vulnérables.» -Philippe Déry, porte-parole de la STM

Toutes les «modalités de l’opération de distribution» seront bientôt acheminées aux employés. Si aucun plan de distribution n’est prévu à ce stade-ci pour les usagers, ceux-ci peuvent toutefois porter «un couvre-visage, foulard ou masque artisanal» s’ils le désirent. Le port du masque demeure conseillé, «surtout dans des situations où il n’est pas possible de respecter la distanciation adéquate».

Par ailleurs, la STM «ne divulguera pas le coût estimé pour éviter d’influencer le marché», ajoute M. Déry, étant donné que l’appel d’offres est toujours en cours.

Des réajustements

Plusieurs groupes d’employés de la STM portent déjà des équipements de protection depuis quelques semaines. Les inspecteurs, les chefs d’intervention, les préposés à l’entretien sanitaire et les chauffeurs du transport adapté en font partie.

Malgré tout, des mesures de protection pour les employés à l’entretien seront «réajustées» dans les prochains jours. Et ce, en prenant compte le fait que ces travailleurs sont souvent à proximité physique d’un autre collègue. Une démarche serait également en cours pour «sécuriser d’avantage la zone de travail des chauffeurs de bus» en vue du déconfinement.

Jeudi dernier, la STM a commencé à équiper le métro de distributeurs de désinfectant à main. Elle prévoit en avoir un total de 125 d’ici le début mai.

Trop peu, dénonce l’opposition

Pour le chef de l’opposition, Lionel Perez, la STM et la Ville «ne prennent pas en compte la gravité de la situation». «Ils sont nonchalants alors que Montréal est l’épicentre du virus, pas seulement au Québec mais au Canada. Avec le déconfinement qui s’en vient, c’est notre responsabilité d’exiger le masque pour éviter une deuxième vague», tonne l’élu municipal.

Il estime que le «flou» qui flotte en ce moment sur les masques n’aide en rien à diminuer les risques de transmission. «Lorsqu’ils sont dans le bus ou le métro, les usagers vont se décourager eux-mêmes, parce qu’ils ne voient pas d’adhésion», déplore M. Perez.

«Le masque est un vrai moyen pour éduquer la population aux nouvelles façons de faire. Ce n’est pas en émettant des communiqués qu’on va changer les habitudes.» -Lionel Perez, chef de l’opposition

Il y a deux semaines, le président du Syndicat du Transport de Montréal, Gleason Frenette, avait été suspendu pour une deuxième fois en quelques mois. Le motif: «intimidation et violence verbale». En entrevue à Métro, le principal intéressé a dit vouloir remettre les pendules à l’heure.

«La vérité, c’est que ça fait un mois qu’on a des discussions avec la direction pour la mise en place des mesures de distanciation sociale. Ils ne sont pas proactifs. Ils ne mettent pas en place les actions nécessaires. On est obligé de faire des arrêts de travail pour que ça bouge.» -Gleason Frenette, leader syndical

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