Montréal
17:34 23 mai 2020 | mise à jour le: 24 mai 2020 à 23:08 temps de lecture: 3 minutes

La SDC Petite-Italie s’oppose «fermement» à un projet de la Ville

La SDC Petite-Italie s’oppose «fermement» à un projet de la Ville
Photo: Josie Desmarais/Métro

Après avoir consulté ses membres, la Société de développement commercial (SDC) Petite-Italie – Marché Jean-Talon a fait savoir à la Ville de Montréal et à l’arrondissement de Rosemont qu’elle s’opposait «fermement» au projet de fermer le boulevard Saint-Laurent à la circulation automobile entre les rues Saint-Zotique et Jean-Talon et d’y installer une piste cyclable.

«Considérant la position claire de nos membres et le contexte particulier dans lequel la SDC Petite-Italie – Marché Jean-Talon a donné son appui à la proposition de l’arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie de fermer le boulevard Saint-Laurent, nous tenons à vous informer que la SDC Petite-Italie – Marché Jean-Talon a retiré son appui de cette proposition», explique la SDC dans un courriel envoyé à ses membres vendredi soir.

Dimanche, la SDC a dévoilé un sondage révélant que 95% de ses membres s’opposent à l’option privilégiée par la Ville de Montréal.

Selon ce sondage complété par 100 répondants, 61% des commerçants sont favorables au statu quo, soit le maintien de la circulation automobile sur le boulevard Saint-Laurent et le détour de la piste cyclable prévue vers la rue Saint-Dominique.

Presque un tiers (34%) des commerçants appuient la solution  proposée par l’arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie, soit d’interdire l’accès aux véhicules personnels, mais de permettre la circulation des véhicules de livraison, des vélos, des piétons et du transport en commun. Les terrasses des cafés, restaurants et bars seraient élargies vers la rue.

Seulement 5% des répondants appuient la proposition de la Ville.

Francesco Miele, leader adjoint d’Ensemble Montréal, opposition officielle à l’hôtel de ville, déplore la gestion de l’administration de la mairesse Valérie Plante dans ce dossier.

«C’est dommage qu’une SDC doive se défendre ainsi. On semble leur mettre beaucoup de pression pour adopter un projet qui n’est pas le leur. Les membres de la SDC doivent être consultés et entendus», a-t-il déclaré à Métro.

Invitée à commenter la situation, Danielle Pilette, professeure associée au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’Université du Québec à Montréal, évoque la particularité des sociétés de développement commercial.

«La SDC est un organisme qui regroupe des commerçants qui n’ont pas tous les mêmes intérêts, expose Mme Pilette. Il y en a qui sont des commerces de destination et c’est grâce à ces commerces qu’il y a une synergie dans l’artère commerciale.»

Parmi ces commerces de destination, figure Milano qui a fait entendre son mécontentement aux mesures de l’arrondissement dans les pages de Métro Média.

Pour compenser l’interdiction des voitures sur certains tronçons particuliers, l’experte croit que la Ville doit revoir son offre de stationnement. À cet effet, l’arrondissement devrait s’inspirer de ce qui se fait à la Plaza Saint-Hubert, ajoute la professeure.

Montréal dévoilait le 15 mai un réaménagement de certains axes pour faire plus de place aux piétons et aux cyclistes. Un total de 327 km de nouvelle voies piétonnes et cyclables seront ainsi créées cet été, qui s’ajoutent aux plus de 900 km existants, dédiés aux piétons et aux cyclistes partout sur l’île de Montréal.

– Avec Sami Bouabdellah

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