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14:20 13 juillet 2020 | mise à jour le: 13 juillet 2020 à 18:35 temps de lecture: 4 minutes

STM: l’obligation fait grimper le taux d’adhésion au masque dans le métro

STM: l’obligation fait grimper le taux d’adhésion au masque dans le métro
Photo: Josie Desmarais/MétroLes Canadiens sont «très préoccupés» par la reprise des activités du quotidien après la pandémie du coronavirus, selon une étude de Statistique Canada.

L’obligation de porter un couvre-visage dans le transport collectif semble avoir fait grimper le taux d’adhésion au masque dans le réseau du métro de Montréal, malgré l’absence de mesures prises pour punir les récalcitrants.

Métro s’est déplacé pendant une heure, entre 8h30 et 9h30, sur les lignes verte et orange du réseau du métro de Montréal pour constater les impacts de la décision prise par Québec de rendre le port du couvre-visage obligatoire dans le transport collectif à partir d’aujourd’hui. En comptant le nombre de passagers sur les quais des stations Berri-UQAM et Lionel-Groulx ainsi que dans plusieurs wagons, Métro a constaté de façon non exhaustive un taux d’adhésion moyen au masque d’environ 75%. Il s’agit d’une augmentation notable par rapport au taux de 60% évoqué la semaine dernière par la Société de transport de Montréal (STM).

Sentiment de sécurité

Rencontrés à la station de métro Berri-UQAM, très peu achalandé en ce lundi matin, plusieurs usagers du transport collectif ont dit approuver cette décision du gouvernement Legault. «Je vais me sentir plus en sécurité», a déclaré une jeune mère de famille, sa fille à la main, toutes deux arborant un couvre-visage.

«C’est bien quand le bus est bondé», estime pour sa part Lucile Engrand. Après avoir connu une chute drastique pendant le confinement, l’achalandage a repris à la STM dans les dernières semaines. Il devient ainsi difficile de respecter la distanciation physique dans certains bus, constate Mme Engrand.

L’expert en planification des transports à l’Université de Montréal, Pierre Barrieau, prévient d’ailleurs que la croissance de l’achalandage du réseau pourrait limiter les impacts de la croissance du taux d’adhésion au port du masque.

«C’est bien d’augmenter l’adhésion au masque, mais si on calcule le nombre de personnes non masquées dans le métro en tenant compte de la hausse de l’achalandage, on risque d’avoir le même nombre de personnes qui ne portent pas le masque qu’avant.» -Pierre Barrieau, expert en planification des transports

La majorité des clients du métro semblaient d’ailleurs porter le masque de la bonne manière, lundi, en cachant leur nez et leur menton, a constaté Métro.

Sensibilisation

Dans les wagons des trains AZUR et dans les stations de métro, des messages vidéo et sonores rappelaient lundi l’entrée en vigueur de l’obligation de porter le masque dans le transport collectif. À partir du 27 juillet, ceux-ci se verront refuser l’accès au transport collectif s’ils ne portent pas un masque, bien que la STM préfère pour l’instant prioriser la sensibilisation des usagers.

La STM reprendra d’ailleurs à 15h, ce lundi, la distribution de couvre-visages dans son réseau de métro et à des arrêts de bus dans l’objectif d’en distribuer 132 000 sur deux semaines. Des équipes dédiées prioriseront d’abord la ligne bleue du métro et les stations les plus achalandées, avant de se concentrer sur les lignes orange et verte du réseau dans les prochains jours. La STM, qui a déjà remis 245 000 masques au cours des deux derniers mois, n’a toutefois pas prévu en distribuer sur la ligne jaune de même que dans les trois stations de métro situées à Laval.

«Au total, pour toutes les phases, ce sont 1 250 000 couvre-visages qui seront distribués pour le réseau de la STM seulement», indique la STM dans un courriel à Métro. Les inspecteurs, pour leur part, se contenteront de sensibiliser les usagers à cette nouvelle mesure. Ils auront aussi sur eux des couvre-visages, qu’ils pourront offrir à des clients «au besoin».

«Ça va nous aider», commente Romana, un usager du métro qui n’avait pas apporté un couvre-visage avec lui lundi, ignorant cette nouvelle obligation. Derek, pour sa part, était au courant de cette interdiction, mais a affirmé vouloir d’abord terminer son café avant de mettre son masque lorsque rencontré dans la station Berri-UQAM.

Lieux publics fermés

À partir du 18 juillet, le port du couvre-visage deviendra d’ailleurs obligatoire dans tous les lieux publics fermés au Québec, incluant notamment les magasins, les bars, les restaurants et, bien sûr, le transport collectif.

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