National
11:40 30 juin 2020 | mise à jour le: 30 juin 2020 à 16:16

Pas de masque, pas de métro, prévient Legault

Pas de masque, pas de métro, prévient Legault
Photo: Josie Desmarais/MétroLa Société de transport de Montréal a augmenté la fréquence de nettoyage des surfaces du réseau du métro en raison de la pandémie.

Les réseaux de transport en commun s’apprêtent à interdire l’accès aux usagers qui ne portent pas de masque. Le port du masque obligatoire n’entraînera toutefois pas d’amende, assure le premier ministre François Legault.

L’élu caquiste profitait d’un arrêt à Montréal pour confirmer la nouvelle, rapportée dans les médias la veille. La mesure s’appliquera à partir du 13 juillet.

«Il n’y aura pas de police», mais l’accès au transport collectif sera interdit à ceux qui n’ont pas de masque, a précisé le premier ministre.

«Pas d’amende. La seule conséquence négative, c’est de ne pas avoir accès», a-t-il assuré.

Québec attendra deux semaines après le 13 juillet «avant de vraiment commencer à interdire l’entrée», a indiqué M. Legault.

Par ailleurs, l’obligation ne s’appliquera pas aux enfants de moins de douze ans. Les masques resteront une recommandation dans les commerces.

«On sent aujourd’hui le besoin d’aller une étape plus loin.» – François Legault

M. Legault s’était jusqu’à maintenant opposé à l’idée d’imposer cette pratique, malgré des pressions d’une partie de la communauté médicale.

Pour l’instant, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s’est limité à «fortement recommander» le port du masque en public lorsque la distanciation de deux mètres ne peut pas être respectée.

Des problèmes d’«applicabilité»?

Lundi, la mairesse de Montréal avait accueilli favorablement la nouvelle du port obligatoire, elle qui s’était jusqu’à maintenant montrée frileuse à l’idée.

Interrogé à nouveau mardi sur les tenants et aboutissants de la mesure provinciale, le cabinet de Valérie Plante a cette fois émis quelques réserves.

«Pour l’instant, la notion d’applicabilité demeure importante, a avancé l’attachée de presse de la mairesse, Geneviève Jutras. Les employés de la STM n’ont pas la possibilité d’exercer un pouvoir coercitif.»

«On ne peut pas demander aux chauffeurs de contrôler individuellement les usagers à chaque passage. Il va devoir y avoir des discussions dans les prochains jours.» – Geneviève Jutras, attachée de presse du cabinet de la mairesse de Montréal

Même son de cloche du côté de la STM.

«D’autres solutions se doivent d’être envisagées», a écrit l’organisme public dans un communiqué.

Selon l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui supervise les activités du transport collectif dans le Grand Montréal, les réseaux devront se concerter pour permettre une mise en place adéquate du nouveau règlement.

«L’application progressive de cette nouvelle règle doit être coordonnée afin de la rendre cohérente et praticable sur tout le territoire», a-t-on indiqué dans un communiqué de presse. L’ARTM souhaite par ailleurs distribuer 1,5 M de couvre-visages à travers son territoire dans les prochaines semaines.

Le réseau de la Société de transport de Montréal a subi d’importants contrecoups tout au long de la pandémie. Début-juin, l’opérateur rapportait toutefois une légère résurgence de son achalandage, ce qui pourrait rendre impossible le maintien de la distanciation physique.

Toronto serre la vis

Dans le reste du Canada, la Ville de Toronto est l’une de celles qui sont allées le plus vite dans l’imposition du couvre-visage. Les utilisateurs du transport collectif dans la Ville-Reine devront d’ailleurs se munir de leurs masques dès jeudi.

Alors que Québec faisait son annonce, mardi, Toronto s’apprêtait également à voter sur un règlement qui obligerait également le masque dans les commerces de la région métropolitaine.


Bilan des cas et des décès

Alors que le déconfinement se poursuit, le Québec a enregistré dans les 24 dernières heures 68 nouveaux cas. S’ajoutent à cela sept décès et onze autres datant des journées précédentes.

Les autorités sanitaires comptabilisent donc 55 458 Québécois infectés à la COVID-19 et 5503 morts.

Articles similaires