Montréal
16:58 15 septembre 2020 | mise à jour le: 15 septembre 2020 à 18:37 temps de lecture: 4 minutes

Hausse des cas: Montréal basculera-t-elle bientôt en zone orange?

Hausse des cas: Montréal basculera-t-elle bientôt en zone orange?
Photo: Josie Desmarais/MétroLa directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin.

La croissance de la transmission communautaire du coronavirus dans la métropole inquiète la Santé publique, qui entend augmenter sa capacité de dépistage tout en se préparant à la possibilité que Montréal bascule en zone orange.

«Tous nos indicateurs sont en croissance et ça préoccupe la Santé publique et moi-même personnellement», a déclaré mardi la directrice régionale de santé publique de Montréal (DRSP), Mylène Drouin, lors d’une conférence de presse en milieu d’après-midi. Au cours des 24 dernières heures, 96 nouveaux cas de coronavirus se sont ajoutés au bilan de la métropole.

À 13h, mardi, le gouvernement Legault a présenté une mise à jour de son système d’alerte régionale. Quatre nouvelles régions se retrouvent ainsi en «zone jaune» – ou mode «pré-alerte» – dont Montréal. Pour l’instant, «on ne ferme pas de secteurs d’activités», a assuré Mme Drouin. Cette dernière a toutefois laissé entendre que Montréal pourrait bientôt se trouver en zone orange.

Québec pourrait alors exiger l’interdiction de certaines activités et ordonner la fermeture temporaire de certains établissements où le risque de transmission est plus grand, comme les bars.

«Ce que nous voyons, c’est que le nombre de cas continue d’augmenter rapidement. Donc, je ne peux pas dire pour l’instant la couleur pour la semaine prochaine, mais nous devons être prêts.» -Mylène Drouin, DRSP

Actuellement, aucune région au Québec ne se trouve en zone orange.

Limiter les rassemblements

Dans les dernières semaines, plusieurs éclosions de coronavirus ont eu lieu à la suite d’activités sociales. Il s’agit notamment de mariages, de rassemblements à la suite d’activités sportives et de fêtes privées. Des activités pendant lesquelles, bien souvent, les participants n’ont pas respecté les règles sanitaires.

«Ce qu’on voit, c’est que pour chaque cas, on a un nombre plus large de contacts qu’on doit isoler parce que la distanciation n’a pas été appliquée», a souligné Mme Drouin, qui constate aussi un «relâchement» concernant le port du masque à l’intérieur.

Ainsi, alors qu’un cas de coronavirus entraînait l’isolement de 10 contacts en mars, ce nombre a grimpé à «plus de 80 ou 100 personnes qu’on doit isoler», soulève Mme Drouin.

Face à cette situation, la Santé publique a décidé de revoir à la hausse sa capacité de dépistage à Montréal. Elle entend ainsi mobilier plus d’employés à cet effet «parce qu’on sait que cette hausse des dépistages va nous amener des défis substantiels». La semaine dernière, plus de 6000 tests de dépistage par jour ont été effectués à Montréal, un nombre en hausse depuis la rentrée scolaire.

Mylène Drouin tente par ailleurs de trouver des moyens de mieux encadrer les rassemblements privés afin d’éviter que ceux-ci ne contribuent à d’autres éclosions de coronavirus.

«Il y a des discussions avec les gouvernements pour voir comment dans ces contextes-là, qui se rapprochent de la vie privée, on peut quand même mettre des balises pour limiter cette transmission», a-t-elle dit. Mme Drouin invite d’ailleurs les Montréalais à éviter les «fêtes» et autres rassemblements qui ne sont «pas essentiels».

«Si vous pensez aller à un mariage, peut-être qu’actuellement, ce n’est pas la bonne période pour le faire», a-t-elle laissé tomber.

Rentrée scolaire

La rentrée scolaire continue d’ailleurs de contribuer à la transmission communautaire dans la métropole. Mme Drouin a ainsi fait état de sept «petites» éclosions dans des écoles. Elle a aussi indiqué que «près de 125 écoles» de la métropole rapportent au moins un cas. C’est nettement plus d’établissements que ce qu’indique la liste présentée mardi par le ministère de l’Éducation, qui en recense 63 à Montréal.

«Vous comprenez que pour chaque cas, on isole une classe, parfois un peu plus, donc ça a quand même des conséquences», a évoqué Mme Drouin. Celle-ci a ainsi fait état d’environ 1000 contacts associés aux cas de coronavirus dans les écoles de la métropole.

«Somme toute, le milieu scolaire est sous contrôle», assure-t-elle néanmoins.

La Santé publique rapporte aussi 24 éclosions en milieu de travail à Montréal, notamment dans des chaînes de restauration rapide ainsi que dans des industries agroalimentaires et manufacturières. Trois éclosions ont aussi eu lieu dans des résidences privées pour aînés, où l’on rapporte 27 nouveaux cas de coronavirus.

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