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05:00 5 octobre 2020 | mise à jour le: 5 octobre 2020 à 16:23 temps de lecture: 5 minutes

Coronavirus: comment Montréal fera-t-elle face à l’hiver?

Coronavirus: comment Montréal fera-t-elle face à l’hiver?
Photo: Josie Desmarais/MétroL'avenue du Mont-Royal a été réservée aux piétons cet été, dans un effort de la Ville visant à faciliter le respect de la distanciation physique et à aider les commerçants de l'artère.

Alors que la crise sanitaire prend de l’ampleur, des experts proposent divers aménagements afin de permettre aux Montréalais de profiter des rues et des parcs de la métropole de façon sécuritaire cet hiver.

Aux grands maux, les grands remèdes. Confrontée à une crise sanitaire sans précédent, dont elle est rapidement devenue l’épicentre, Montréal s’est métamorphosée dans les derniers mois.

Il y a d’abord eu les corridors sanitaires, au printemps, qui ont rapidement fait leur arrivée dans plusieurs arrondissements de la métropole. Puis, l’administration de Valérie Plante a mis en place cet été de nombreuses voies cyclables et rues piétonnes temporaires dans plusieurs quartiers de la métropole. Des aménagements pour lesquels la Ville a déboursé environ 5 M$.

Bien que polarisantes, les voies actives sécuritaires ont permis de faciliter le respect de la distanciation physique dans l’espace public. Puisqu’elles n’étaient destinées qu’à la saison estivale, la Ville a progressivement retiré celles-ci dans les dernières semaines.

Et cet hiver?

Or, alors que le nombre de nouveaux cas quotidiens de coronavirus continue de grimper, le respect de la distanciation physique dans l’espace public conserve toute son importance. D’autant plus que les citoyens ne pourront rester cloîtrés dans leur logement tout l’hiver, ce qui nuirait tant à leur santé personnelle qu’à celle de l’économie de la métropole.

«Il faut encourager les gens à sortir, à faire des activités extérieures et à ne pas seulement rester chez eux», souligne à Métro la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva, qui y voit un enjeu de santé mentale.

Actuellement, les activités organisées dans un lieu public sont interdites dans les zones rouges, comme Montréal. Le défi, lorsque cette restriction tombera, sera de trouver des moyens de permettre aux citoyens de se divertir à l’extérieur tout en respectant les règles sanitaires en vigueur.

«J’espère que la santé publique se penche là-dessus parce que les gens vont avoir besoin de sortir cet hiver», martèle l’experte.

Contactée par Métro, l’administration de Valérie Plante n’a pas voulu accorder d’entrevue sur ce dossier. Elle assure toutefois qu’une «réflexion est en cours» à la Ville pour déterminer quels aménagements pourraient voir le jour cet hiver dans la métropole afin de faciliter le respect de la distanciation physique dans les lieux publics extérieurs.

À cet égard, l’architecte Ron Rayside, de la firme Rayside Labossière, estime notamment que certaines rues pourraient demeurer piétonnes cet hiver, si la Ville y adapte ses techniques de déneigement. Il propose aussi que l’administration Plante augmente le nombre de pistes cyclables déneigées cet hiver.

«Je pense qu’on doit trouver des moyens pour que les gens sortent de chez eux. Sinon, on va virer fous collectivement.» -Ron Rayside, architecte

Parcs illuminés, foyers extérieurs, terrasses chauffées…

Plusieurs sociétés de développement commercial (SDC) se penchent aussi sur ce dossier, notamment afin d’attirer des citoyens dans les bars et les restaurants quand le gouvernement Legault permettra de nouveau à ceux-ci d’accueillir des clients dans la métropole.

«On est en réflexion pour avoir des espaces publics aménagés pour accueillir l’hiver. On réfléchit aussi à des terrasses chauffées pour les restaurateurs», confie à Métro le président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal, Billy Walsh.

La SDC de l’avenue du Mont-Royal a indiqué qu’elle tente elle aussi de trouver des moyens de faciliter le respect de la distanciation physique sur cette artère commerciale cet hiver. Elle «n’envisage pas», cependant, de réserver celle-ci aux piétons, comme cela a été le cas cet été, précise son directeur général, Claude Rainville.

«On pourrait avoir de petits foyers extérieurs où les gens peuvent se réchauffer lorsqu’ils déambulent sur les rues commerçantes», propose quant à lui Jérôme Glad. Ce dernier est le cofondateur de La Pépinière, un organisme à but non lucratif qui se spécialise dans l’aménagement d’espaces publics.

La Ville pourrait aussi réserver aux piétons de petits tronçons de rue, où elle laisserait la neige s’accumuler afin que des citoyens puissent en faire «des butes et des glissades sympathiques».

Les rues commerçantes et les parcs pourraient par ailleurs bénéficier d’un éclairage plus festif afin d’y attirer plus de familles pendant la saison froide, ajoute le diplômé en architecture. Des kiosques proposant du chocolat chaud ou d’autres petits bonheurs pourraient également voir le jour près des patinoires extérieures, illustre-t-il.

«L’objectif, c’est de créer des noyaux de convivialité où les gens peuvent respecter leur distance et avoir la chance de rester à l’extérieur plus longtemps et de respirer de l’air frais», résume M. Glad.

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