Montréal
12:57 22 octobre 2020 | mise à jour le: 22 octobre 2020 à 16:58 temps de lecture: 3 minutes

Montréal: vers un boycott du homard en soutien aux Mi’kmaq?

Montréal: vers un boycott du homard en soutien aux Mi’kmaq?
Photo: Pablo Ortiz/MétroÀ Montréal, le chef du Garde Manger ne sert plus de homard en soutien aux Mi'kmaq

Le chef cuisinier Chuck Hughes lance un boycott du homard à Montréal afin de soutenir les pêcheurs Mi’kmaq en Nouvelle-Écosse. Le copropriétaire du Garde Manger, dans le Vieux-Montréal, affirme qu’il s’agit d’une réponse à «l’intimidation» que subissent les pêcheurs autochtones. 

«J’ai préparé, acheté et vendu beaucoup de homard dans ma carrière. Ça fait partie intégrante de ma cuisine depuis longtemps. Hélas, après avoir constaté l’intimidation et la violence que subissent les pêcheurs mi’kmaq en Nouvelle-Écosse, j’ai pris la décision de cesser d’en servir», a déclaré le chef Hughes. 

Rappelons que le conflit du homard fait rage en Nouvelle-Écosse entre pêcheurs mi’kmaq et pêcheurs non autochtones. Le 18 septembre dernier, la commaunauté Sipekne’katik a annoncé sa propre pêche auto-réglementée. 

Depuis, les pêcheurs mi’kmaq témoignent avoir été confrontés à du harcèlement. Les Autochtones ont subi des dommages à leurs bateaux et véhicules. On leur a volé des engins de pêche ou dégradé leurs bouées. 

De plus, ils se sont vus refuser des marchandises comme du carburant, des appâts et des logements. 

En fait, les pêcheurs non autochtones trouvent injuste que les Premières Nations puissent pêcher des homards en dehors des périodes de pêche. 

Pourtant, les Mi’kmaq ont le droit de pêcher pour subvenir à leurs besoins. Et ce, depuis une décision de la Cour suprême de 1999. Plus exactement, une «subsistance modérée», un terme qui provoque des débats sémantiques houleux.

Les pêcheurs estiment pour leur part que la délivrance de permis par la communauté Sipekne’katik «n’est pas fondée sur la loi canadienne». Et qu’«en l’absence de loi et d’ordre, les bonnes personnes peuvent être forcées de se faire justice elles-mêmes.» 

«On a beaucoup à apprendre», dit Chuck Hughes

«En tant que non-autochtone canadien, Chuck Hughes du Garde Manger estime que «nous pouvons tous mieux faire». 

«S’il y a une chose que j’ai apprise à travers mes nombreuses visites dans différentes communautés autochtones, c’est que nous avons encore beaucoup à apprendre».- Chuck Hughes

Pour lui, il s’agit d’un geste «humble.»

«Dans le contexte actuel, c’est la moindre des choses que je puisse faire», conclut-il. 

Notons qu’une pétition circule en ce moment sur les réseaux sociaux afin de protéger le droit des Mi’kmaq à pêcher le homard. 

«Les Mi’kmaq ont un plan de gestion de la conservation. Celui-ci ne doit pas être contrôlé par le MPO», peut-on y lire. Le MPO est le ministère des Pêches et Océans du Canada. Il est responsable de la gestion des pêches, des océans et des ressources d’eau douce du Canada. 

D’après des publications sur Facebook, ce boycott du homard à Montréal afin de soutenir les Mi’kmaq pourrait être suivi par d’autres restaurants. Toutefois, l’information n’a pas pu être confirmée jusqu’à présent. 

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