Mercier & Anjou
05:00 9 avril 2021 | mise à jour le: 9 avril 2021 à 07:24 temps de lecture: 3 minutes

Destruction d’une ruelle gazonnée

Photo: Frédéric Hountondji/Métro MédiaLes résidents se souviennent que cet endroit avait toujours été vert. Maintenant le voilà...

Des résidents de Mercier-Est sont fâchés contre l’entreprise Broccon Construction qu’ils accusent de détruire une ruelle gazonnée en faisant des travaux de construction sur la rue Beaurivage.

«La ruelle était verte, ils sont en train de la détruire complètement. J’espère qu’elle redeviendra verte quand les travaux seront terminés parce que ça a toujours été du gazon», relate à Métro Jean-François Beaulieu, montrant la ruelle qui n’a maintenant que la couleur de la terre.

Le sujet fait l’objet de commentaires sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook Les Badauds de Mercier-Est. Plusieurs évoquent un «désastre», un «comportement inacceptable» et un «laxisme des autorités».

Version de l’entrepreneur

Contacté par Métro, Donny Broccolini, président et directeur général de l’entreprise Broccon Construction, s’explique en affirmant que la seule manière pour lui d’apporter des briques sur le chantier est de passer par cette ruelle-là. «Avec notre permis de la Ville, on a même du stationnement en arrière du bâtiment», spécifie-t-il, soulignant ainsi que les futurs résidents devront forcément passer par la ruelle pour garer leur voiture.

L’entrepreneur a cependant accepté de réparer les dommages une fois que les travaux seront achevés.

Le bâtiment dont la construction a débuté l’automne dernier, sera livré le 1er juillet.

Notons que l’entrepreneur avait demandé et obtenu la permission de la Ville de construire sur les lieux deux bâtiments résidentiels de deux étages avec chacun quatre logements et sous-sol, mezzanine, ainsi que deux cases de stationnement à l’arrière de chaque lot.

Explications de l’arrondissement

L’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve admet que selon la réglementation en vigueur lors de la demande du permis de construire, l’entrepreneur est dans son plein droit d’accéder à la ruelle pour la construction des deux bâtiments.

Julie Bellemare, de la Division des communications de l’arrondissement, ajoute que M. Broccolini est aussi dans son plein droit de vendre ces deux propriétés avec accès à quatre stationnements derrière le bâtiment.

Elle affirme tout de même que les doléances des citoyens demeurent justifiées et précise que les riverains ont travaillé fort pour embellir et verdir cette ruelle.

Elle souligne que la ruelle en question n’est pas à proprement parler une ruelle verte reconnue par l’arrondissement, mais a été fermée à la circulation et gazonnée à l’initiative des citoyens du secteur.

«Du jour au lendemain, ils voient leurs efforts complètement anéantis et nous pouvons très bien comprendre leur déception», partage-t-elle par courriel.

MHM envisage maintenant la possibilité d’une installation de «petits chemins en pavé alvéolé» pour permettre le passage de véhicules et de maintenir la ruelle verdie.

«Cette situation nous a permis de constater qu’un inventaire des ruelles verdies devra être réalisé par l’arrondissement dans un avenir rapproché afin d’éviter que cela ne se reproduise», formule Mme Bellemare. Elle confirme que l’entrepreneur s’est engagé à remettre la ruelle comme elle était avant les travaux.

Articles similaires