Mercier & Anjou
12:46 13 avril 2021 | mise à jour le: 14 avril 2021 à 17:08 temps de lecture: 5 minutes

Le gouvernement va «reprendre en main» le projet de prolongement de la ligne bleue

Le gouvernement va «reprendre en main» le projet de prolongement de la ligne bleue
Photo: 123rf.comUne station de métro à Montréal.

Inquiet de l’augmentation importante des coûts du prolongement de la ligne bleue jusqu’à Anjou, le gouvernement Legault crée un groupe d’action pour «reprendre en main» le projet.

Québec commandite ainsi un bureau d’étude pour mettre en place un plan d’action d’ici la fin-juin afin de faire rentrer le projet dans le budget alloué, a annoncé Chantal Rouleau, ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la région de Montréal et de la Métropole. Celle-ci craint que dans l’état actuel des choses, le projet aille «droit dans le mur».

«Le gouvernement, la ville de Montréal et la STM sont inquiets sur les modalités du projet. Il y avait un risque pour que les budgets explosent. Et ça, on ne veut absolument pas» explique Chantal Rouleau, en entrevue à Métro.

Autour de la table seront réunis les directeurs généraux de la Société des Transports de Montréal (STM), de l’Autorité régionale de transport métropolitain, de la Ville de Montréal, ainsi que le sous-ministre des Transports du Québec. La Société québécoise des infrastructures interviendra ponctuellement afin de s’assurer d’une bonne connexion entre le métro et le REM. Ces experts vont statuer sur les coupes à effectuer dans le budget prévisionnel afin qu’il rentre dans les 4,5 milliards prévus au départ. Ils sont décisionnels et imputables; le gouvernement exécutera leurs propositions. «Ce sont les décideurs qui vont nous dire la proposition finale. Ça aide de rassembler les gens pour prendre des décisions optimales afin de les mettre en exécution le plus rapidement possible » a ajouté la ministre.

Jusqu’à présent, c’est la STM qui était responsable du dossier avec un bureau d’étude composé de 250 personnes. Or, la Société propose actuellement un projet jugé trop ambitieux par Québec. Mme Rouleau reproche à la STM de vouloir «rendre ça plus beau», mais sans tenir compte du budget alloué et des échéanciers.

«Nous avons un projet de cinq stations avec un budget d’un milliard par station, aujourd’hui, alors qu’il y a un REM qui va se construire avec 23 stations pour 10 milliards. Il faut rétablir les choses; on veut le métro, on veut que ça se fasse et d’avoir un métro qui va répondre très efficacement aux besoins de la population», affirmait la ministre Rouleau à la radio du 98,5. Elle rappelle que le prolongement de la ligne bleue est un projet prioritaire du gouvernement, car il est inclus dans la loi 66 sur l’accélération des grands projets.

Des prévisions, plaide la STM

Interrogé par Métro, Philippe Schnobb, le président du conseil d’administration de la STM, indique que ces montants ne sont «que des prévisions budgétaires, des estimations» et que les coûts effectifs pourraient être moindres si la situation évolue. «En mettant à jour les prévisions budgétaires, certains éléments se sont avérés plus élevés que ceux estimés en 2015. La STM n’a rien ajouté, ce sont des raisons externes.»

Il explique que la STM doit tenir compte dans ses nouvelles estimations la hausse des prix de différents éléments, avec en premier lieu celui des terrains nécessaires à la construction des futures stations : «D’abord il y a la hausse des prix d’acquisition des terrains, l’immobilier a beaucoup augmenté. On pourrait mettre moins chère l’estimation pour faire plaisir à tout le monde, mais nous sommes obligés d’estimer les terrains à leurs justes valeurs.» Il ajoute à cela, une surchauffe du coût de la construction : «tous les coûts de main-d’œuvre et de matériaux ont augmenté de 20 % au cours des dernières années. Aussi, on doit maintenant prévoir les coûts liés à la mise en place des mesures sanitaires, ce qui n’était pas prévisible avant.»

Le prolongement de la ligne bleue ne sera pas prêt pour 2026

Le prolongement de la ligne bleue est un projet de longue date, initié en 1975. Avec cette nouvelle étude, le gouvernement veut trouver une solution rapide et économique, en l’espace de trois mois, alors que les travaux préparatoires des nouvelles stations ont déjà débuté. Interrogé sur la tenue du budget et des échéanciers, M. Schnobb a répondu que «beau ne signifie pas plus cher» et que le prolongement ne sera «sûrement pas prêt pour 2026.»

«La mise en place de ce comité et d’assurer un arrimage entre le projet du REM et celui du prolongement de la ligne bleue. Cependant, le projet du REM ne doit en aucun cas retarder l’avancement de la ligne bleue ni réduire son tracé», s’inquiète Filomena Rotiroti, députée provinciale de Jeanne-Mance-Viger.

Un retard qui inquiète également Ensemble Montréal : «Ça fait plus de 40 ans que les citoyens de l’Est attendent le prolongement de la ligne bleue. Aujourd’hui, on leur annonce que ce projet est reporté aux calendes grecques en raison du manque de leadership de l’administration Plante» dit Lionel Perez, chef de l’Opposition officielle. Contactée par Métro, la Ville n’a pas répondu au moment de mettre en ligne.

La première réunion du comité de plan d’action est prévue pour le lundi 18 avril. Leur étude devra être rendue à la fin du mois de juin.

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