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Des étudiants de Concordia se rassemblent pour protester contre le harcèlement sexuel

Une trentaine d’étudiants de Concordia se sont réunis mardi midi au pied de la statue Norman Bethune, à deux pas de leur campus, afin de protester contre la mauvaise gestion des cas de violences sexuelles et de genres dans leur université.

Cette mobilisation était organisée par le Syndicat étudiant de Concordia (Teaching Assistance and Research Assistance – TRAC) dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. Elle survient après que des assistants d’enseignement et de recherche du département eurent lancé une campagne de dénonciation au sujet d’un professeur du département de philosophie visé par des allégations de violences à caractère sexuel toujours en poste. Les assistants refusaient de travailler pour un professeur ciblé par de telles allégations.

En 2018, une étudiante de Concordia en philosophie avait déposé une plainte pour harcèlement auprès de la Commission des droits de la personne contre ce même professeur. Les allégations concernaient des événements survenus en 2008.

L’étudiant à la maîtrise en philosophie et délégué au TRAC Nelson Graves indique qu’il a appris les allégations qu’après la rentrée, en septembre dernier. Cette nouvelle a complètement changé la manière dont il perçoit le département de philosophie. Lors de la dernière session d’études, le syndicat étudiant a émis une interdiction de travail contre le professeur en question, explique M. Graves.

L’étudiant non-binaire à la maîtrise en philosophie et délégué au TRAC, Mya Walmsley, explique qu’avant même le début des cours, des camarades de classe lui ont conseillé de se tenir à distance du professeur accusé d’agressions. «Bien que je sois reconnaissant de l’éducation et du soutien dont je bénéficie au sein du département, il est crucial que l’administration et la présidence de l’université soient conscientes que de telles accusations ne peuvent être ignorées ou minimisées, souligne-t-iel. La direction de l’université doit comprendre que ces problèmes ne peuvent pas être balayés sous le tapis.»

Après des prises de parole de la part d’étudiants, les manifestants se sont mis en branle pour une marche.

Des nouvelles politiques réclamées

La présidente du TRAC, Bree Stuart, espère que l’Université Concordia se mobilisera rapidement et adoptera de nouvelles politiques afin de garantir la sécurité de tous sur le campus. «Nous ne saurions minimiser l’importance de cette campagne organisée à l’initiative des membres du département de philosophie», ajoute-t-elle. 

À la fin de l’année 2021, les étudiants du département de philosophie ont fait circuler une pétition pour réclamer «l’implémentation d’un processus transparent de mise en accusation, de responsabilisation et de poursuite indispensable pour lutter contre ces exactions». La pétition a recueilli plus de 250 signatures. 

Le syndicat affirme que la manifestation de mardi est un moyen supplémentaire adopté en assemblée générale pour faire pression sur l’université.

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