Montréal

Une marche pour dénoncer la guerre en Ukraine et au Yémen

Manifestation guerre Ukraine Yémen
Des dizaines de personnes ont marché dans les rues de Montréal afin de s'opposer à la guerre en Ukraine et au Yémen. Photo: François Lemieux/Métro

Alors que l’invasion russe de l’Ukraine se poursuit depuis maintenant un mois et que la guerre fait rage au Yémen depuis sept ans, plusieurs dizaines de manifestants ont marché dans les rues de la métropole, samedi après-midi, afin de militer pour la paix dans ces deux pays.

Réunis vers 14h à l’angle de la rue Sherbrooke et de l’avenue du Parc-La Fontaine, sur le Plateau-Mont-Royal, les manifestants ont d’abord été harangués par Mercédez Roberge, une militante du Collectif Échec à la guerre, l’organisme à l’origine du rassemblement.

Mme Roberge a rappelé qu’il y a sept ans presque jour pour jour, la guerre civile yéménite prenait un nouveau tournant. Le 25 mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite ainsi qu’à l’époque les Émirats arabes unis était intervenue en appui aux forces progouvernementales contre les rebelles houthis.

En novembre dernier, l’Organisation des Nations unies (ONU) estimait dans un rapport que la guerre aurait causé d’ici la fin de 2021 la mort de près de 380 000 personnes. Toujours selon l’ONU, la situation au Yémen constituerait la «plus grande catastrophe humanitaire au monde» alors que plus de 80% de la population dépendrait de l’aide humanitaire.

«L’intervention militaire de l’Arabie saoudite au Yémen cible définitivement des infrastructures civiles, des écoles et des lieux de culte. Elle contrevient ainsi aux conditions de la convention de Genève comme l’ont décrit Amnistie internationale, Human Rights Watch, Médecins sans frontières et les Nations unies. La coalition impose un blocus. Ce qui fait que des cargaisons vitales de denrées alimentaires, de médicaments, de carburant sont souvent retardées pendant des mois», a soutenu Mme Roberge, samedi.

Le Collectif Échec à la guerre dit faire partie d’une «coalition pancanadienne» qui exige que le gouvernement canadien mette fin au transfert d’armes canadiennes vers l’Arabie saoudite ainsi qu’à tous les contrats de vente d’armes conclus avec l’Arabie saoudite, que la coalition mette fin à ses frappes aériennes et son offensive militaire et qu’Ottawa augmente son aide humanitaire au Yémen.

Une pétition en ligne a été démarrée sur le site du gouvernement canadien à cet effet. Le document avait été signé par 1155 personnes au moment d’écrire ces lignes.

«Guerre invisible»

Le porte-parole du Collectif Échec à la guerre Raymond Legault déplore de son côté le fait que la guerre au Yémen reçoit relativement peu d’attention médiatique, notamment en comparaison du conflit en Ukraine.

«C’est une guerre invisible. Il y a eu au moins 7000 raids de l’Arabie saoudite contre des cibles civiles. En même temps qu’on entend nos dirigeants politiques s’indigner de ce qui se passe en Ukraine, on n’entend pas un mot de leur part concernant la guerre au Yémen. Ça fait sept ans que ça dure et on veut rappeler que c’est tout aussi abominable ce qui se passe au Yémen», précise-t-il.

Entonnant des chansons dénonçant la guerre et criant des slogans tels que «Russie hors de l’Ukraine, Canada hors de l’OTAN», les militants ont emprunté la rue Ontario vers l’ouest avant d’obliquer vers le sud sur De Bleury. Ils ont ensuite déambulé sur le boulevard René-Lévesque jusqu’à l’édifice du Complexe Guy-Favreau, qui abrite plusieurs bureaux gouvernementaux fédéraux.

Sur son site web, le gouvernement du Canada indique être un des principaux donateurs d’aide humanitaire au Yémen, s’étant engagé, cette année, à verser 62,5 millions de dollars en aide humanitaire à ce pays. Le gouvernement canadien dit par ailleurs entretenir des relations bilatérales «positives mais limitées» avec le Yémen.

«Le Canada reconnaît l’importance de la stabilité régionale et appuie les efforts visant à protéger le gouvernement reconnu du Yémen, à défendre son territoire et à améliorer la stabilité du pays. Le Canada encourage toutes les parties au conflit à reprendre un dialogue politique inclusif et à participer pleinement au processus de paix. Le Canada continue d’appeler toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire», lit-on dans la section «Relations Canada-Yémen» du site web.

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