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Les employés du CIUSSS Centre-Sud dénoncent la «désorganisation» de leur employeur

La présidente de l'APTS Centre-Sud de l'Île de Montréal, Julie Houle devant l'Hôpital Notre-Dame
La présidente de l'APTS Centre-Sud de l'Île de Montréal, Julie Houle, devant l'hôpital Notre-Dame Photo: Quentin Dufranne / Métro Média

Primes non versées depuis plusieurs mois, manque de communication avec l’employeur, conditions de travail inadéquates et manque d’attraction et de rétention du personnel, voici ce que les syndicats du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS Centre-Sud) dénonçaient aujourd’hui devant l’hôpital Notre-Dame.

Ils étaient très nombreux à se mobiliser pour faire part de leurs revendications au président-directeur général du CIUSSS Centre-Sud, Vincent Lehouillier, fraîchement en poste depuis juin dernier.

Xavier Laplante est physiothérapeute au CIUSSS. Alors qu’il est censé recevoir une prime pour avoir pris sous son aile des étudiants en formation, celle-ci n’est toujours pas arrivée. Ce sont plusieurs centaines de dollars qu’il attend depuis plusieurs mois.

«On est ici pour dénoncer la réelle désorganisation de l’employeur du CIUSSS Centre-Sud de Montréal», explique la présidente de l’APTS Centre-Sud de l’Île de Montréal, Julie Houle. «On pose des questions, on n’a pas de réponses, on n’a pas de forum de discussion ensemble, on nous annule des rencontres pour [différentes] raisons.»

«C’est un vrai cirque!»

Au total, ce serait près de 11 000 personnes des différents syndicats qui n’ont pas touché leur prime, explique Julie Houle. Celles-ci étaient représentées par les trois syndicats présents à la manifestation, dont la FIQ, le SCFP et l’APTS-CHUM.

La présidente de l’APTS-CHUM, Nathalie Moreau, dénonce quant à elle les conséquences de la réforme OPTILAB, en vigueur depuis 2017. À son avis, celle-ci a eu des impacts directs sur la rétention et le recrutement de personnel. Désormais, l’employeur aurait de la difficulté à embaucher du personnel, en plus d’avoir des laboratoires inadéquats.

Nathalie Moreau s’inquiète des conséquences de telles conditions de travail pour les mamans qui viendront accoucher à l’unité famille-naissance de l’Hôpital Notre-Dame. Elle demande plus de reconnaissance par des incitatifs pour le personnel, qui se retrouve souvent à faire des heures supplémentaires.

«Même si on avait plus de personnel, la santé des futures mamans est en danger, dit-elle. Je connaîtrais quelqu’un qui s’en viendrait ici accoucher, je lui dirais probablement “va ailleurs”, car c’est critique comme ça, le laboratoire ne pourra pas suivre.»

Acrobates, jongleurs et clowns étaient aussi présents sur les lieux pour dénoncer «le cirque» que serait devenu le CIUSSS.

«Il manque un magicien dans leur équipe pour faire apparaître vos primes sur vos payes, a lancé à la foule Julie Houle. C’est un vrai cirque ! Les services entre eux se lancent la balle.»

Un employé du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal déguisé en clown; Photo: Quentin Dufranne

L’employeur dit prendre la situation «au sérieux»

De son côté, l’employeur se défend du retard dans le versement des primes par le traitement manuel de chaque prime au cas par cas. Il cible la fin du mois d’octobre pour payer les primes non versées.

«Du côté des primes, comme employeur, on prend ça très au sérieux, explique le porte-parole Jean Nicolas Aubé. Au cours de la dernière année, on a versé pour plus de 150 M$ au CIUSSS Centre-Sud […] Si des primes sont dues, on va les payer.»

Le porte-parole explique aussi que Vincent Lehouillier a fait une tournée des établissements après son arrivée en poste pour rencontrer tous les syndicats. Une rencontre devrait avoir lieu la semaine prochaine. De plus, il souligne que les syndicats ont accès une fois toutes les deux semaines aux membres de la direction.

«On fait tout ce qu’on peut faire pour les payer et on a déjà une cible pour ces sommes-là», dit Jean Nicolas Aubé.

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