Montréal

Quand pitou fait socialiser son maître

Les parcs à chiens ne se résument pas seulement à des espaces verts où l’on em­mène son animal de com­pagnie faire ses be­soins. Ce sont aussi des lieux où les maîtres peuvent rencontrer d’autres pe­rsonnes, le chien permettant d’engager plus facilement une conversation.

Le parc à chiens de Percy-Walters à Westmount est plein de monde à deux ou quatre pattes. Plusieurs groupes se sont formés et l’ambiance est très détendue en cette fin d’après-midi ensoleillée.

Ekaterina Castaneda vient y promener son jeune caniche tous les jours. Pour elle, c’est un excellent moyen de se détendre et de discuter avec d’autres propriétaires. D’ailleurs, elles ne connaissaient pas les personnes avec lesquelles elle est en train de jaser depuis quelques minutes. «Je viens juste de les rencontrer. On a commencé à parler de nos chiens et on a fini par parler des appartements à Montréal!», raconte cette étudiante de McGill.

Des relations parfois superficielles

Aziz Fall, lui, n’a pas de temps pour socialiser au­jour­d’hui. Le professeur de scien­ce politique a une pile de copies à corriger en cette période d’examens. Il s’est mis tranquillement à l’ombre à l’arrière du parc. Il lit les travaux de ses étudiants en jetant un coup d’Å“il à Sirius, son braque allemand de onze mois. Il confirme néanmoins qu’il parle souvent avec d’autres maîtres lorsqu’il vient promener Sirius et qu’il n’a pas de copies à noter.

«Les gens ont perdu les ré­flexes de socialisation dans la société. Le chien de­vient donc un médium. Ça devient un lien social. L’animal permet d’établir des ponts entre des gens qui, autrement, ne se seraient jamais parlé», dit l’universitaire.

D’après M. Fall, ces rapports restent souvent superficiels. Les gens connaissent les noms des autres chiens, mais pas celui des maîtres par exemple.

De plus, les maîtres sont parfois trop occupés à discuter avec leurs nouveaux amis. Ils en oublient parfois de surveiller leurs animaux d’après Mario Perez, qui dirige une compagnie de promeneurs de chiens.  Certains maîtres sortent plus pour se promener eux-mêmes que pour promener leurs chiens, raconte M. Perez.  «C’est la sortie du chien, c’est pas ta sortie!», lance-t-il.

Promener son chien en groupe

Julie Carrier organise des sorties pour les maîtres et les chiens. Elle en a même fait son métier. Elle dirige un site internet où les 20 000 membres inscrits se retrouvent avec leur chiens autour d’activités en plein air.

Mathieu fait partie de ce ré­seau. «Je ne suis pas trop bars, mais plus plein air», dit-il. So­cialiser en promenant son chien? Il en sait quelque cho­se. Mathieu s’était joint à une gang de propriétaires qui venaient aux mêmes heu­res afin de promener leurs chiens au parc Beau­bien. Ce trentenaire a eu le coup de foudre pour une autre propriétaire, Sylvie. Ils vivent ensemble depuis six ans et ont eu un enfant. 

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