Montréal

Des Québécois derrière Justin Timberlake et Alicia Keys

Moins de quatre ans après sa mise sur pied, la compagnie VYV s’est bâti un portefolio qui ferait pâlir d’envie bon nombre d’entrepreneurs. Fondée en octobre 2004 par Emric Epstein et Martin Granger-Piché, deux diplômés en informatique graphique de l’Université de Montréal, VYV est le fruit de la passion de deux rêveurs.

Leur vision a déjà convaincu le Cirque du Soleil, le Musée national de Singapour, Justin Timberlake, Ex Machina – l’entreprise multidisciplinaire de Robert Lepage – et Alicia Keys de plonger avec eux.

Rencontrés dans leur bureau de Rosemont où trônent ordinateurs, projecteurs et écrans, Emric Epstein et Martin Granger-Piché ne ressemblent en rien à des arrivistes. Chez VYV, la réussite rime avec amitié, simplicité et passion.

Les deux inséparables comparses se sont rencontrés pendant leur bac, après avoir emprunté des chemins bien différents. Martin avait déjà entamé des études en musique lorsqu’il a décidé de se tourner vers l’informatique. Emric, qui a vécu une partie de sa vie dans les Caraïbes, a longtemps hésité entre le surf et l’informatique avant de tourner le dos à la mer.

Une amitié qui porte fruit
Calés en informatique et attirés par les arts, Emric et Martin ont trouvé le moyen d’allier, à leur façon, leurs deux passions.

«On s’est rapidement rendu compte qu’il y avait un marché dans le monde artistique pour faire des spectacles avec de la vidéo, pour laquelle les outils étaient cependant très en retard», a expliqué Emric.

Les deux amis ont ainsi terminé leurs études, fondé VYV et créé le Photon, un système de projection vidéo qui permet de projeter et de travailler des images en temps réel, sans délais, sur n’importe quelle surface.

«Les gens faisaient les choses de manière compliquée, a souligné Martin. Notre but était de mettre au point des outils qui permettraient aux concepteurs d’aller plus vite et d’améliorer les performances et la flexibilité de leur système.»

Mus par le désir de faire découvrir le Photon à des artistes de renom, les deux amis n’ont pas attendu le passage des années avant de se lancer en affaires. «C’était difficile de rêver autant, aussi vite», a admis Emric. Mais comme la vie fait parfois bien les choses, ils ont vite reçu un appel qui devait propulser leur rêve dans la réalité.

«Un mois avant de finir nos maîtrises, on a reçu un appel d’une connaissance qui travaillait à un spectacle du Cirque du Soleil, ont raconté Emric et Martin. Elle nous a dit que le Cirque avait besoin d’un système vidéo interactif [pour le nouveau spectacle, Délirium]. Elle nous a demandé si on pouvait leur en fournir un en l’espace d’un mois.»

Les deux comparses sont allés rencontrer les responsables du Cirque. Deux jours plus tard, ils avaient développé un prototype qui répondait à leurs besoins.

«Un mois après, on a livré le système et on a ouvert un compte en banque pour déposer le chèque!» a ajouté Emric, tout sourire.

Depuis, les projets se bousculent chez VYV, à un point tel que l’équipe qui comptait cinq employés à temps plein accueillera au cours des prochaines semaines deux nouveaux membres afin de répondre à la demande.

«C’est sûr qu’on a toujours des rêves, a indiqué Martin. Mais en ce moment, on est pas mal fiers de ce qu’on a accompli!»

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