Montréal

Commémoration de l'Holocauste: Pour que la mémoire se perpétue

Catherine Girouard - Métro

«Ceux qui ou­blient le passé se condamnent à le revivre.» C’est avec ce diction en tête que plus de 1 000 Mont­réalais se rendront ce soir à la commémoration de Yom Hashoah afin d’honorer la mémoire des millions de victimes et des survivants de l’Holocauste, qui a pris fin il y a maintenant 64 ans.

«Certains peuvent se questionner sur l’importance, aujourd’hui, de commémorer l’Holocauste, souligne Audrey Licop, coordonnatrice d’événements au Centre commémoratif de l’Holo­causte à Montréal. Mais cet événement est essentiel, car il faut réveiller la capacité d’indignation des gens, les faire réagir en leur racontant le passé pour ainsi éviter que de telles histoires se reproduisent.»

Dans cette perspective, le Centre commémoratif diffusera cette année les témoignages de six person­nes habitant aujourd’hui dans la métropole. De celles-ci, deux sont des survivants de l’Holo­causte, deux sont des enfants de survivants et les deux derniers, des petits-enfants.

Touchant ainsi trois générations, la commémoration veut illustrer la transmission de la mémoire. «On veut ramener l’histoire au présent et voir comment ces événements nous touchent aujour­d’hui», explique Mme Licop.

L’importance de la transmission du souvenir de la Shoah est d’ailleurs reconnue par le gouvernement canadien, qui fait présentement des démarches pour adhérer au Task Force (groupe d’étude) international dédié à la commémoration de l’Holocauste afin que cette page noire de l’histoire soit enseignée dans nos écoles.

Une commémoration importante pour Montréal
Cette commémoration est d’autant plus importante pour Montréal, car c’est ici que fut accueillie la troisième plus grande population de survivants de l’Holo­causte après la Deuxième Guerre mondiale, soit près de 12 000 personnes. On estime au­jourd’hui à 5 141 le nombre d’entre eux vivant toujours au Québec.

La grande communauté juive qui était déjà établie à Montréal a entre autres contribué à ce que plusieurs survivants immigrent ici après la guerre.Ces survivants ont alors participé au développement de la ville. C’est par exemple à leur initiative que le musée de l’Holocauste a vu le jour en 1970.

Le musée raconte évidemment leur histoire, mais est aussi un vibrant appel à la lutte contre la discrimination, l’antisémitisme et le racisme.

Commémoration de Yom Hashoah,
au Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal,
ce soir, 19 h

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