Nouveau plaidoyer pour les caméras corporelles au SPVM
Une coalition d’organismes plaide pour que la Ville de Montréal dote les policiers du SPVM de caméras corporelles, sans attendre le gouvernement du Québec.
Le projet de caméras corporelles stagne depuis 2017 à Montréal. La nouvelle mairesse, Soraya Martinez Ferrada, avait promis d’équiper ses policiers de caméras au cours de son mandat. Elle a d’ailleurs réservé une somme de 40 M$ au dernier Plan décennal des immobilisations pour commencer à les acheter dès l’an prochain.
Mardi, le chef de la police a toutefois souligné que l’avancement de ce projet doit attendre que Québec ajuste les règles et les technologies dans les palais de justice. Actuellement, les vidéos des caméras corporelles ne peuvent pas être déposées en preuve.
Selon Marvin Rotrand, ex-conseiller municipal et directeur général de l’organisme Unis contre la haine Canada, Montréal ne devrait pas attendre.
«Pourquoi attendre après le gouvernement? Québec promet un plan d’implantation depuis cinq ans et ce n’est pas fait», lance-t-il.

M. Rotrand souligne que de nombreux corps policiers de toutes les tailles ont implanté avec succès les caméras corporelles. Toronto, Halifax, Waterloo et Edmonton sont du nombre.
«Si Toronto peut le faire, Montréal peut le faire aussi. Actuellement, Halifax nous devance. Winnipeg nous devance. Ce n’est pas sorcier», ajoute l’ancien élu.
Unis contre la haine Canada fait partie d’une coalition de 20 organismes et plus de 30 individus réclamant l’implantation des caméras corporelles.
La balle dans le camp de Québec
Interpellée en marge d’une annonce sur le logement, la mairesse affirme que la balle est dans le camp du gouvernement.
«Si Québec n’embarque pas, je ne peux pas le faire», a-t-elle souligné. «Nous, on est prêts. L’argent est là. Le SPVM est favorable. Maintenant, c’est de savoir si Québec sera à la table pour pouvoir y arriver.»
La mairesse estime que c’est une question de confiance à l’égard du corps policier.
«Comme femme racisée qui est en couple avec un homme racisé, je pense que c’est important de lancer le message à la population qu’on souhaite s’assurer qu’ils puissent avoir confiance envers leur service de police, et ça passe entre autres par des caméras.»
Montréal a prévu dépenser 8,2 M$ en 2027 pour commencer à acquérir les caméras corporelles. La Ville investirait ensuite 8,6 M$ par année jusqu’en 2030 et 6,2 M$ en 2031.